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Retour en images sur la première édition du Salon du Design

Le Salon du Design s’est tenu le week-end du 18-19 novembre au Pavillon Sicli à Genève. Le succès, tant public que commercial, a été au rendez-vous pour cette première édition. En effet, le nouveau salon a su attirer un public nombreux et intéressé. Les acheteurs et les passionnés ont pu apprécier la qualité des exposants et la diversité des pièces en vente, du beau mobilier vintage aux pièces exceptionnelles.

Les créations du grand architecte et designer finlandais Alvar Aalto étaient probablement les plus collectionnées de la foire, à l’instar du fauteuil 31 ou du 42, les Tank chair ou encore le canapé lit pour Embru qui ont trouvé acquéreurs dès le samedi. Mais le choix était grand, le design du XXe siècle y était représenté par ses plus grands noms, Charles & Ray Eames, Charlotte Perriand, Gino Sarfatti, Le Corbusier, Max Bill, Jacobsen, Gio Ponti, Willy van der Meeren, Frattini, Hans Wegner, Pierre Guariche, Borsani, Alain Richard, Ingo Maurer, Sottsass, Hans Bellman, et beaucoup d’autres.

Nichée sous la coupole en béton et l’architecture années 60 du Pavillon Sicli, la manifestation a trouvé le cadre idéal à la mise en valeur des plus belles productions de la modernité et, grâce à une sélection rigoureuse de marchands professionnels, a tenu toutes ses promesses.

Retour en images sur l’édition inaugurale, en attendant la deuxième, les 3 et 4 novembre 2018!

 

Hans Bellman, chez Marco Toretti, Aarau
Hans Bellman, Marco Toretti, Aarau. Photo © Corine Stübi

 

Alexandra Alge, Autriche
Alexandra Alge, Autriche. Photo © Corine Stübi

 

Cube Art & Vintage, Berne
Cube Art & Vintage, Berne. Photo © Corine Stübi

 

Nord3, Zürich
Nord3, Zürich. Photo © Yanick Fournier

 

Vue du Salon du Design. Photo © Corine Stübi
Vue du Salon du Design. (stand Demosmobilia) Photo © Corine Stübi

 

Vue du Salon du Design (Designbutik)
Vue du Salon du Design (Designbutik). Photo @ Corine Stübi

 

Espace Moderne, Lausanne. Photo © Corine Stübi
Espace Moderne, Lausanne. Photo © Corine Stübi

 

CH Design Furniture, Cheyres
Max Bill à l’honneur chez CH Design Furniture, Cheyres. Photo © Corine Stübi

 

Alvar Aalto & Charlotte Perriand, Kissthedesign, Lausanne
Alvar Aalto & Charlotte Perriand, Kissthedesign, Lausanne. Photo © Yanick Fournier

 

Sélection de design 100% suisse chez Buma Design, Niedergosgen
Sélection de design 100% suisse pour Buma Design, Niedergösgen. Photo © Corine Stübi

 

Le Salon du Design
Le Salon du Design. Photo © Yanick Fournier

 

Les Illuminés Design, Genève
Les Illuminés Design, Genève. Photo © Corine Stübi

 

Le Salon du Design
Le Salon du Design. Photo @ Yanick Fournier

 

Uniquement Vôtre, Lausanne, Photo © Yanick Fournier
Warren Plattner et Charles & Ray Eames, Uniquement Vôtre, Lausanne, Photo © Yanick Fournier

 

Le Salon du Design, Pavillon Sicli, Genève
Le Salon du Design, Pavillon Sicli, Genève. Photo © Corine Stübi

 

Etoz, Berne
Etoz, Berne. Photo © Corine Stübi

 

Fauteuil de Gio Ponti, Demosmobilia, Chiasso
Fauteuil de Gio Ponti, Demosmobilia, Chiasso. Photo © Yanick Fournier

 

Collection of Design, Lyon
Collection of Design, Lyon. Photo © Corine Stübi

 

Chaises Hans Coray, Buma Design
Arc en ciel de chaises Hans Coray, Buma Design. Photo © Corine Stübi

 

Neoantic, Paris
Neoantic, Paris. Photo © Corine Stübi

 

Galerie du Port Franc, Lausanne et Odile, Vevey
Galerie du Port Franc, Lausanne et Odile, Vevey. Photo © Yanick Fournier

 

Vases Gaetano Pesce, Nord3, Zürich
Vases Gaetano Pesce et mobilier Hans J. Wegner, Nord3, Zürich. Photo © Yanick Fournier

 

Designbutik, Bâle
Designbutik, Bâle. Photo © Corine Stübi

 

Marco Toretti
Marco Toretti, Aarau. Photo © Yanick Fournier

 

Alvar Aalto, Tank Chair, Buma Design
Alvar Aalto, Tank Chair, Buma Design. Photo © Yanick Fournier

 

Patinamöbel, Berne
Patinamöbel, Berne. Photo © Corine Stübi

 

Ch Design Furniture, Cheyres
Jouets de Renate Müller, CH Design Furniture, Cheyres. Photo © Yanick Fournier

 

Chic Cham, Lausanne
Chic Cham, Lausanne. Photo © Corine Stübi

 

Marco Toretti, Aarau
Marco Toretti, Aarau. Photo © Corine Stübi

 

Reactuel, France
Reactuel, France. Photo © Yanick Fournier

 

Le Salon du Design (Alexandra Alge & Les Illuminés)
Le Salon du Design (Alexandra Alge & Les Illuminés). Photo © Corine Stübi

 

Collection of Design, Lyon
Max Sauze et André Sornay, Collection of Design, Lyon. Photo © Corine Stübi

 

Marc Delbrassine
Marc Delbrassine de Mobilier XXe, Lausanne. Photo © Yanick Fournier

 

Pouchain et Sornay, Pierre Patène
Pouchain et Sornay, Pierre Patène. Photo © Yanick Fournier

 

Lady Chair de Marco Zanuso, Alexandra Alge
Lady Chair de Marco Zanuso, Alexandra Alge. Photo © Yanick Fournier

 

Artichoke, Genève
Artichoke, Genève. Photo © Corine Stübi

 

LOVintage, France
LOVintage, France. Photo © Yanick Fournier

 

Pavillon Sicli, Genève
Le Salon du Design, Pavillon Sicli, Genève. Photo © Yanick Fournier

 

Fauteuil Moser, Designbutik, Bâle
Fauteuil Moser, Designbutik, Bâle. Photo © Yanick Fournier

 

Le Gabinetto, Genève
Le Gabinetto, Genève. Photo @ Yanick Fournier
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Le Salon du Design – La nouvelle foire de design du XXe à Genève

Ça faisait longtemps que je rêvais d’une foire de design du XXe siècle où je pourrais participer avec Kissthedesign, accompagnée uniquement de mes pairs, marchands professionnels et propriétaires de boutique, sans être noyée dans le fatras de brocanteurs souvent amateurs. Comme dit l’adage on est jamais mieux servi par soi-même, alors je me suis lancée et Le Salon du Design verra le jour les 18-19 novembre 2017 au Pavillon Sicli à Genève!

Le Salon du Design est une nouvelle manifestation en Suisse romande entièrement consacrée au design du XXe siècle de qualité, authentique et d’époque. Sa particularité? Le Salon favorise en premier lieu les galeries et les boutiques physiques. Je les ai sélectionnées moi-même parmi mes confrères et mes consoeurs pour leur sérieux et leur expérience.

 

Le Salon du Design, Pavillon Sicli, Genève

Le Salon du Design, Genève

 

26 marchands triés sur le volet, parmi les meilleurs de Suisse et d’Europe

La plupart sont installés depuis de nombreuses années, témoignent d’une véritable expertise et sont des références en Suisse. Les collectionneurs y viennent d’ailleurs du monde entier.
Le Salon offre une belle vitrine aux spécialistes d’une période ou d’une région que ce soit le design suisse, scandinave, la période du Bauhaus ou les années 80 et le postmodernisme. Des galeries viennent de France, de Belgique et d’Autriche pour présenter leurs plus belles pièces signées de grands designers tels que Gio Ponti, Charlotte Perriand, Eero Saarinen, Ettore Sottsass, parmi tant d’autres.
J’ai également invité mes amis passionnés pour que les visiteurs puissent partager leur amour du design du siècle passé. Une petite sélection de shops en ligne, actifs depuis plusieurs années et reconnus pour la qualité de leur marchandise complète enfin le programme attractif du Salon.

Le site du Salon du Design est un vrai guide des bonnes adresses, à parcourir pour découvrir les 26 exposants et en apprendre plus.

 

Une nouvelle manifestation pour les amateurs de beau mobilier vintage et pour les collectionneurs exigeants de design du XXe siècle. 

L’expérience shopping s’annonce donc exceptionnelle! Certains marchands m’ont déjà annoncé des pièces de collection de grande valeur, de celles qu’on croise parfois à Design Miami / Basel. Cependant, le Salon souhaite aussi démontrer que le design authentique d’époque n’est pas toujours forcément élitaire, ou cher, et que souvent acheter vintage, en plus de consommer éthique, c’est faire des affaires.
Un savant mélange obtenu grâce à la diversité des exposants, des plus pointus aux plus accessibles, toujours en évitant soigneusement les copies et les pièces de brocante.

 

Lampe Capodanno, Ettore Sottsass, Studio Alchimia, 1979. Photo © ETOZ
Lampe Capodanno, Ettore Sottsass, Studio Alchimia, 1979. Photo © ETOZ

 

Le Pavillon Sicli est un haut lieu de design et d’architecture à Genève: Une année sur deux il héberge les Design Days, la maison de l’architecture y organise des expositions et des conférences toute l’année, et le marché sans puces y a vu le jour. C’est la toute première fois que le Pavillon accueillera une manifestation entièrement consacrée au design de l’époque moderne et postmoderne. Le Dôme sera l’écrin rêvé des plus belles créations du 20ème siècle, abritées le temps d’un week-end sous les courbes architecturales dessinées dans les années 60 par Heinz Isler.

Loin des modes et des tendances éphémères, la visite à travers des décennies d’histoire du design, des années 20 aux années 80 plus précisément, s’annonce passionnante. Ne manquez pas l’occasion unique de chiner auprès des meilleures boutiques et galeries de Suisse et d’Europe. C’est le moment de changer de déco avant les fêtes, ou de craquer pour une pièce de collection rarissime.

 

Le Salon du Design, 18-19 novembre 2017, Pavillon Sicli, Genève
45, Route des Acacias, CH- 1227 Genève (Les Acacias)
Samedi 18 novembre de 10h à 20h
Dimanche 19 novembre de 10h à 18h

 

Texte: Corine Stübi
Photo titre: © Demosmobilia
Photos exposants de gauche à droite: © Buma Design, © Kissthedesign, © Alexandra Alge

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Envie de bleu

Selon la vénérable institution qu’est Pantone, Greenery est censé être LA couleur 2017. Pourtant si le vert est effectivement omniprésent dans la palette 2017, il est profond et luxueux, loin de la touche « brico-jardin » du Greenery.
Mais cet été une autre couleur nous obsède: le bleu! Du bleu marine au turquoise, on s’inspire de Gio Ponti, des décorateurs Sarah Lavoine, Dimorestudio et Dorothée Meilichzon ou des artistes Majorelle et Yves Klein pour les décors estivaux.

Sélection en 10 nuances de bleu pour prolonger l’été jusqu’au mois d’octobre.

 

Palazzo Fendi, Rome, Dimorestudio, photo © Andrea Ferrari
Palazzo Fendi, Rome, Dimorestudio, photo © Andrea Ferrari

 

Viceroy Hotel Miami par Kelly Wearstler
Viceroy Hotel Miami décoré par Kelly Wearstler. Photo © Viceroy Hotel

 

Gio Ponti, Hôtel Parco dei Principi, Sorrento. Photo © Hôtel Parco dei Principi, Sorrento
Gio Ponti, Hôtel Parco dei Principi, Sorrento. Photo © Hôtel Parco dei Principi

 

1. Pour les amateurs de design du XXe siècle, le nom de Gio Ponti est le premier associé au bleu.
Il est désormais possible d’emporter un peu du chic balnéaire de l’hôtel Parco dei Principi de Sorrento à la maison! En effet le carrelage majolique que Gio Ponti avait dessiné exclusivement pour l’hôtel dans les années 50 est aujourd’hui réédité par Ceramica Francesco De Maio. L’éditeur italien reproduit à l’identique les 27 motifs de carreaux en céramique du Parco dei Principi, mais aussi 5 motifs qui avaient été écartés et n’existaient que sur papier.

 

Blu Ponti, Gio Ponti, Ceramica Francesco De Maio, décor type 27
Blu Ponti, Gio Ponti, Ceramica Francesco De Maio, décor type 27. Photo © Ceramica Francesco De Maio
Dessin de Gio Ponti, Ceramica Francesco De Maio, décor type 13
Dessin de Gio Ponti, Ceramica Francesco De Maio, décor type 13

 

2. Gubi fait partie des références à suivre lorsqu’il s’agit de tendances et de couleurs. Preuve en est la chaise Beetle de Gam Fratesi, aujourd’hui signe de bon goût, qui intègre régulièrement les projets des plus grands décorateurs.

 

Hôtel Le Roch Paris, décoré par Sarah Lavoine. Chaises Beetle de GamFratesi pour Gubi
Hôtel Le Roch Paris, décoré par Sarah Lavoine. Chaises Beetle de GamFratesi pour Gubi. Photo © Francis Amiand

 

3. Bethan Laura Wood réinterprète la célèbre collection Rimini Blu de Aldo Londi pour Bitossi dans sa nouvelle série de vases Guadalupe, présentée pour la première fois à Milan en avril. La jeune designer britannique, actuellement professeure à l’ECAL, revisite la technique de céramique intarsia utilisée par Aldo Londi. La surface ainsi gravée dans la matière est l’élément primaire auquel s’ajoute la couleur. Le motif graphique s’inspire à la fois des vitraux de la basilique Notre-Dame de Guadalupe à Mexico, dont la collection porte le nom, et des archives de Bitossi.

Guadalupe, Bethan Laura Wood, Bitossi
Guadalupe, Bethan Laura Wood, Bitossi. Photos © Bitossi

 

4. En 2017, le fabriquant de textile danois Kvadrat s’associe à Adidas pour 3 nouveaux modèles de baskets Stan Smith, inspiré par l’esprit cosmopolite et moderne de Copenhague. Le mythique modèle se drape ainsi du tissu Kvadrat Squaresby de Vibeke Rohland.
139 CHF sur le site d’Adidas.

 

Kvadrat x Adidas, Stan Smith, Navy
Kvadrat x Adidas, Stan Smith, Navy. Photo © Adidas

 

5. Bien sûr le bleu évoque la mer et le ciel, mais aussi la tradition, Ming en Chine ou Delft en Hollande. L’artiste canadien Martin Hyde a beaucoup utilisé cette tradition dans sa collection “True Blue”.
Sous l’apparence de porcelaines classiques chinoises se cache un melting pot culturel où High et Low se mélangent sans complexe, où les dragons mythiques côtoient les biscuits Oreo, Mickey Mouse et des gravures de la Renaissance italienne. Sa toute nouvelle série de porcelaines récupère ces motifs récurrents, pendant que le bleu se fait plus pictural. Produit à la main par l’artiste dans son atelier, chaque vase est unique.
La galerie Kissthedesign représente Martin Hyde à Lausanne.

 

Vases, Martin Hyde. Photo © Kissthedesign
Vases, Martin Hyde. Photo © Kissthedesign

 

6. J’ai craqué pour les foutas 100% coton de la série Dar de SCMP Design Office pour Marlo & Isaure et me réjouis de les inaugurer à la plage!
Le duo de designers français, diplômés de l’ECAL, s’est inspiré de la culture orientale de la jeune marque, installée en Tunisie, et de l’architecture de la Medina de Tunis pour les motifs géométriques de Dar.
Sortis à la fin du mois de juin 2017, les foutas existent en 3 modèles, disponibles en bleu marine, vert et orange. Ils peuvent être commandé chez Kissthedesign.

 

Dar, SCMP Designoffice, Marlo & Isaure
Dar, SCMP Designoffice, Marlo & Isaure. Photo © Marlo & Isaure

 

7. Si le projet n’est pas des plus récents, les Celeb Bowls de Damian Fopp ont conservé leur mordant. Le designer suisse a reproduit en céramique les piscines de 5 méga-stars: Céline Dion, Brangelina (avant leur divorce), John Travolta, Frank Sinatra et Charlie Chaplin. Les coordonnées exactes du modèle original est gravée sous chaque coupe en référence à Google Map, source de l’information.
Les Celeb Bowls ont été nominé en 2013 au Swiss Design Award, avant d’intégrer la collection du Museum für Gestaltung de Zürich en 2014. La série a valu une belle reconnaissance au jeune designer, aujourd’hui installé à Londres.
En Suisse romande, on peut les acheter à la boutique du Mudac à Lausanne.

 

Celeb bowls, Damian Fopp
Celeb bowls, Damian Fopp. Photo © Damian Fopp

 

8. Le fauteuil à bascule dessiné en 1950 par Charles et Ray Eames est le parfait compagnon de l’amateur de design vintage et un classique indémodable. L’exemplaire actuellement disponible à la galerie Kissthedesign est une ancienne édition Vitra en fibre de verre crème avec son coussin d’origine bleu. La combinaison de couleur idéale pour apporter une touche estivale dans son intérieur.

 

Rocking Armchair Rod, Charles & Ray Eames, Vitra. Photo © Kissthedesign
Rocking Armchair Rod, Charles & Ray Eames, Vitra. Photo © Kissthedesign

 

9. Les sculptures « Second Spade » de l’artiste Saskia Noor van Imhoff et du designer Arnout Meijer interrogent le processus de constitution d’une chose et ses étapes. Les casiers transparents fonctionnent comme une collection de données non hiérarchisées. Les concepts de conservation, recherche et classification sont récurrents dans l’œuvre de l’artiste installée à Amsterdam. Pendant que le designer hollandais développe des objets où la perception de la lumière se comprend comme métaphore de notre rapport au monde. Les deux approches se rencontrent et se renforcent dans de mystérieuses installations à l’allure d’archives futuristes.

 

Second Spade, Saskia Noor van Imhoff et Arnout Meijer
Second Spade, Saskia Noor van Imhoff et Arnout Meijer. Photo © GJ Van Rooij

 

10. Moins connue que sa grande sœur la célèbre Landi Stuhl, aujourd’hui produite par Vitra, la Alu-Stuhl de Hans Coray, rééditée par Seledue, est pourtant un classique du design suisse. Dessinée en 1953, la chaise Alu est aussi compacte que pratique, elle s’utilise indifféremment au bureau, à la maison ou à l’extérieur. Le modèle se décline en plusieurs couleurs pour sa version en acier inox, dont en bleu et en jaune, ainsi qu’en bois laqué noir.
À commander chez Kissthedesign.

 

Chaises Alu, Hans Coray, Seledue
Chaises Alu, Hans Coray, Seledue
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Miroir Miroir au Mudac de Lausanne

Malgré le titre de l’exposition et l’affectation aux arts appliqués du mudac, il est ici à peine question de la typologie miroir dans le design. Il y a bien quelques miroirs « fonctionnels » mais là n’est pas le propos, loin de là.

En effet, le moodboard qui a accompagné, pendant deux ans, les recherches de Marco Costantini, commissaire de l’exposition, montre une gravure du XIXe siècle d’Alice traversant le miroir, diverses peintures illustrant le mythe de Narcisse, le selfie pris dans l’espace par l’astronaute japonais Aki Hoshide, celui d’Obama à l’enterrement de Nelson Mandela, ou, pour la partie la plus sombre, les bourreaux de l’État Islamique posant avec leurs victimes. On l’aura compris, la thématique de l’exposition se situe au-delà du miroir, bien plus dans la question du reflet au sens large, de son pouvoir spatial ou métaphysique, mais aussi bien sûr du narcissisme, aujourd’hui exacerbé par le flot d’images générés par les réseaux sociaux. La recherche est donc plus sociologique et narrative que formelle. L’exposition est d’ailleurs articulée autour de 8 chapitres, chacun évoquant une facette du reflet.

Marco Costantini a habitué les visiteurs du mudac à des expositions où art et design s’entremêlent avec brio pour soutenir un propos souvent riche en profondeurs, comme c’était le cas, en 2015, avec « Nirvana », consacrée à la sexualité et aux objets de plaisirs. Une fois encore la liste d’artistes et de designers fait saliver: Bill Viola, Doug Aitken, Andy Warhol, Mathias Kiss, Douglas Gordon, William Wegman, Richard Prince, Pipilotti Rist, Pierre & Gilles, Arik Levy, Jeppe Hein, Carsten Höller, etc. Au royaume de Narcisse les stars sont rois, aussi les stars de l’art!

 

Vue de l'exposition Miroir Miroir, à gauche papier peint de Andy Warhol, au centre Douglas Gordon, Untitled (je suis le nombril du monde), et à droite New portraits de Richard Prince. Photo © Daniel Droz & Tonatiuh Ambrosetti
Vue de l’exposition Miroir Miroir, à gauche papier peint de Andy Warhol, au centre Douglas Gordon, Untitled (je suis le nombril du monde), et à droite New portraits de Richard Prince. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

Une de mes salles favorites est justement consacrée à l’égocentrisme et à la célébrité. Le curateur y confronte Andy Warhol et Kim Kardashian, un choix audacieux qui aurait sans aucun doute enthousiasmé le pape du pop art et témoigne d’une profonde inversion de paradigme. Si le papier peint orné de portraits d’Andy Warhol, daté de 1978, participe évidemment au culte de la personnalité, il faut reconnaître que le droit de se faire portraiturer à l’époque était plus difficile à obtenir qu’en 2017! Il appartenait principalement aux personnalités ayant accompli des actes ou des œuvres notables: des écrivains, des politiques, des artistes, des acteurs de cinéma, etc.
Warhol avait prédit que chacun aurait son quart d’heure de gloire dans le futur, il aurait adoré Instagram! En effet, aujourd’hui, le quart d’heure se prolonge et des carrières se forment simplement à partir de l’image, à l’instar de Kim Kardashian devenue célèbre grâce à la télé-réalité et à ses selfies.

 

Vue de l'installation New Portraits de Richard Prince à la galerie Gagosian à New York. © Richard Prince. Courtesy Gagosian Gallery. Photo © Robert McKeever.
Vue de l’installation New Portraits de Richard Prince à la galerie Gagosian à New York. © Richard Prince. Courtoisie de Gagosian Gallery. Photo © Robert McKeever.

 

Ayant suivi avec attention la polémique, j’ai été ravie de retrouver une toile de la série « New Portaits » de Richard Prince. En effet, l’artiste américain a récupéré une quarantaine de publications Instagram qu’il a reproduit sur des toiles de grand format. Vendues 90’000$ l’unité (en 2015), les œuvres reprennent les images telles quelles entourées du cadre blanc et des outils propres au réseau social. Outre la reproduction sur toile, l’intervention de l’artiste consiste à commenter le post directement sur Instagram avant d’en faire une capture d’écran. La démarche lui a valu, par la suite, de nombreuses plaintes pour violation de copyright, car l’appropriation s’est faite sans l’autorisation des auteurs, mais aussi des réponses plutôt amusantes, comme celle des pin-ups SuicideGirls qui se sont mises à vendre des prints de leur post, « copié » par Prince, pour la modique somme de 90$.

 

 

Photo © Suicide Girls
Photo © Suicide Girls

 

Une belle métaphore du marché de l’art, et de la cote des artistes, à l’heure des réseaux sociaux!
Le résultat des affaires en cours est aussi à suivre avec attention, car, au-delà de Richard Prince, elles touchent à la question du copyright sur des réseaux, dont l’utilisation implique, à priori, l’abandon de ses propres droits à l’image…

 

Shia LaBeouf, Nastja Säde Rönkko et Luke Turner, I am sorry et All my movies. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti
Shia LaBeouf, Nastja Säde Rönkko et Luke Turner, I am sorry et All my movies. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

Le mythe tragique de Narcisse, le jeune chasseur mort d’un amour impossible pour son propre reflet, se retrouve sous différentes formes. Dans une flaque d’eau pour Mat Collishaw, le déclencheur à la main pour capturer un reflet qui échappe au spectateur. Plus loin, l’acteur de blockbusters Shia La Bœuf se complait dans sa propre image de star hollywoodienne dans la vidéo « All my movies » (2015), où il est filmé en train de regarder tous les films dans lesquels il apparaît. L’intrigante vidéo « Reflecting Pool » (1977-79) de Bill Viola, que j’avais eu la chance de voir en projection à Bruxelles, manipule avec finesse l’image de sorte à avaler le reflet et son auteur.

 

 

Les selfies sont donc à l’honneur, on l’a vu avec la publication « Selfish » de Kim Kardashian exposée dans sa deuxième édition – flanquée d’un autocollant « more me » -, il est bien sûr possible de se prendre en photo dans les nombreux miroirs de l’exposition et même en une de l’édition américaine de Vogue grâce à Olaf Nicolai!
J’avoue avoir assez peu de sympathie pour les selfies et me réjouis que certaines œuvres leur résistent. C’est le cas du miroir « Ghost » (2001) du designer et professeur à l’ECAL, Olivier Sidet, où un voile brumeux poursuit celui qui cherche, en vain, à s’y contempler. Ou l’œuvre interactive « Wooden Mirror » (1999) de Daniel Rozin qui reproduit l’image du spectateur en ombres avec des pixels de bois, une image qui se précise dès que l’on s’approche de la caméra espionne, mais que seuls les visiteurs avec plus de recul peuvent voir. En somme, des dispositifs qui obligent la collaboration pour dévoiler le reflet.

 

Wooden Mirror de Daniel Rozin et, à droite, Ghost de Olivier Sidet. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti
Wooden Mirror de Daniel Rozin et, à droite, Ghost de Olivier Sidet. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

Il est aussi question du rapport psychanalytique au moi, à la réalité ou l’altérité de ce qui se trouve dans le reflet. Ainsi le double YOU de Doug Aitken valide l’identité « autre » de la personne qui s’y mire, autant qu’il semble alerter les Narcisses séduits par leur alter ego. Mounir Fatmi superpose dans le triptyque « Divine Illusion » (2013-14) des extraits des 3 ouvrages religieux que sont la Bible la Thora et le Coran avec des tests psychologiques de Rorschach, interrogeant ainsi la construction du sacré. La jeune artiste belge Nel Verbeke, dont j’ai inclus le travail dans ma liste des plus beaux miroirs, propose des objets de mélancolie intimement lié au temps et à la vanité.

 

YOU YOU de Doug Aitken et, à droite, Divine Illusion de Mounir Fatmi. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti
YOU YOU de Doug Aitken et, à droite, Divine Illusion de Mounir Fatmi. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

L’installation « Who Fears The Other » (2017) de l’artiste lausannoise Sandrine Pelletier se réfère au poème rédigé par la Bible Society of Egypt suite à l’exécution de 21 d’entre eux par Daesh en Lybie en février 2015. Le titre se lit sur des miroirs dont la surface a été traité à l’acide. Les supports ainsi dégradés évoquent la relique et la terreur exercée par un groupuscule passé maître en communication visuelle et en community management.

 

Sandrine Pelletier, Who Fears The Other 
Sandrine Pelletier, Who Fears The Other

 

Miroirs parlants, miroirs noirs, peuplant les contes de fée ou tirant sur l’occulte sont les témoins impitoyables du temps qui passe, de la vanité et de la mort. À l’image du miroir de la méchante reine dans Blanche Neige qui, après l’avoir flatté tout au long de ses belles années, finit par lui préférer une plus jeune.

L’histoire occulte des miroirs noirs trouve son expression la plus flamboyante dans « Black Mirror, Hydrus » (2014) de Mat Collishaw. Une pièce plutôt tape à l’œil qui diffuse, en vidéo, la peinture « David avec la tête de Goliath » du Caravage dans un luxueux cadre en verre de Murano.

 

Mat Collishaw, Black Mirror, Hydrus. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti
Mat Collishaw, Black Mirror, Hydrus. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

Pour autant les propriétés physiques du miroir ne sont pas oubliées, une salle entière est consacrée à la perception. Les décorateurs le savent bien, les surfaces miroitantes permettent d’agrandir une pièce, mais pas seulement, elles aident à modeler leur environnement. C’est le cas des propositions de Mathias Kiss, Arik Levy, Daniela Droz et Maria Bruun qui par d’habiles constructions donnent à voir l’espace transformé qu’elles produisent. L’espace est ainsi froissé, déplié, ou ouvert sur de nouvelles illusions.
Mention spéciale pour le mystérieux totem « Untitled 15 (Guides) » (2013) de David Altmejd qui apparaît comme un ovni indéchiffrable mais fascinant.

 

David Altmejd, Untitled 15 (Guides). À droite miroir froissé de Mathias Kiss. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti
David Altmejd, Untitled 15 (Guides). À droite miroir froissé de Mathias Kiss. Photo © Daniela Droz & Tonatiuh Ambrosetti

 

L’exposition se conclut avec des dispositifs interactifs qui instaurent un dialogue entre nouvelles technologies et vision de soi. Le visiteur est ainsi invité à se mettre en scène face à des œuvres qui lui répondent, soit en enregistrant de manière éphémère sa présence, soit plus littéralement avec un mime de l’artiste, ou encore en pénétrant l’esprit du spectateur, qui devient alors acteur de la définition de l’image projetée, par sa simple pensée.

 

Pour le photographe Peter Lindbergh, cité dans le magazine Monopol, le selfie est certainement la chose la plus idiote qui soit. En effet, cette course effrénée à la reconnaissance du moi par les autres, ne ferait-elle pas que masquer un vide intérieur? se projeter hors de soi pour avoir une chance d’exister? Et finir par disparaître dans le flot des images, avalé par son propre double…
Une étape ultime parfaitement illustrée par le travail « memememe » des jeunes artistes brésiliens Radamés Ajna et Thiago Hersan, où un smartphone n’a plus besoin de personne pour prendre les plus beaux selfies et les poster sur son compte Tumblr. Une vision ma foi peu rassurante, mais qu’on peut heureusement vite refouler, à une encablure de porte, en rêvassant devant l’espace fictif ouvert par Damian Navarro, qui invite à voir ce qui se trame de l’autre côté du miroir.

 

Exposition Miroir Miroir jusqu’au 1er octobre 2017 au mudac, Place de la Cathédrale 6, Lausanne.

 

Texte: Corine Stübi
Image de titre: The Mirror | Hourglass (2014 – 2016), Nel Verbeke. Photo © Alexander Popelier, courtoisie de Roehrs & Boetsch.

 

NB: Pour ceux qui aiment le design et le mudac, le musée propose des cartes de membre à petit prix pour bénéficier de l’accès gratuit toute l’année, ainsi que de visites privées et de nombreux avantages réservés aux amis du mudac.

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Design Miami / Basel 2017

Chaque année, en juin, je me réjouis du retour de Design Miami / Basel, c’est une occasion unique de voir la crème de la crème du design du XXe et contemporain, réunie dans un même endroit, et de voir de près des productions qu’on ne rencontre parfois que dans les publications historiques ou sur les catalogues des ténors des enchères.

La 12ème édition de la foire remplit ses promesses! cette cuvée prestigieuse est d’ailleurs la plus importante, puisque ce ne sont pas moins de 47 galeries, dont 12 des galeries « fondatrices », qui exposent leurs plus belles acquisitions. Rodman Primack, directeur artistique de Design Miami, rappelle que la manifestation avait été inaugurée avec seulement 17 galeries et souligne que cette courbe de progression admirable correspond à celle d’un marché qui a, depuis, explosé.

 

Pierre Paulin et Philippon - Lecoq. Jousse Entreprise
Pierre Paulin et Philippon – Lecoq. Jousse Entreprise. Photo © James Harris

 

Ce ne sont pas les pépites qui manquent dans cette édition! Les nombreux collectionneurs présents au preview ne s’y sont pas trompés et l’ambiance est électrique, visiblement les acheteurs sont là et s’emparent des plus belles pièces. Notamment un splendide lustre Snowflake du designer finlandais Paavo Tynell rapidement vendu sur le stand de Dansk Møbelkunst. Sans surprise, car le modèle présenté est bien entendu rarissime, mais aussi absolument exceptionnel!

 

Lustre Snowflake de Paavo Tynell. Dansk Møbelkunst
Lustre Snowflake de Paavo Tynell. Dansk Møbelkunst. Photo © Corine Stübi

 

Les grands classiques de la foire sont toujours de la partie: Seguin présente une énième maison démontable de Jean Prouvé. Les assises de Pierre Jeanneret fleurissent sur une bonne partie des stands des galeries parisiennes, c’est vrai qu’il y a quoi faire entre les lots importants récupérés à Chandigarh et les pièces qui sortent restaurées des prisons indiennes. Un peu moins de Charlotte Perriand par contre, remplacée par Matthieu Matégot, dont les fauteuils Copacabana (aujourd’hui réédité par Gubi) meublent les stands des galeries, voisines à Paris, Jousse entreprise et Matthieu Richard, et un bureau Wegner qui n’en finit pas de faire Design Miami.
Alice Pauli, célèbre galeriste lausannoise et doyenne d’Art Basel, citée dans 24heures, averti que l’erreur à ne pas commettre serait d’exposer deux fois de suite la même œuvre, en effet le jury d’Art Basel veille et sanctionne. Le visiteur régulier, que je suis, regrette que cela ne soit pas le cas du côté design, mais les marchands doivent y trouver leur compte.

 

Pierre Jeanneret. Jousse Entreprise
Pierre Jeanneret chez Jousse Entreprise. Photo © Corine Stübi

 

Maison démontable, Jean Prouvé, Galerie Patrick Seguin
Maison démontable 6×9, Jean Prouvé, Galerie Patrick Seguin. Photo © James Harris

 

Focus sur la création des années 1950 à 2000 d’Ettore Sottsass.

Ceci dit, le focus, cette année, se porte sur d’autres designers. Ettore Sottsass qui aurait fêté 100 ans en 2017 est au centre de l’attention et la présence de plusieurs œuvres encore jamais présentées auparavant, anticipe la rétrospective que le Metropolitan Museum of Art de New York lui consacrera de juillet à octobre 2017.

Chez Guistini / Stagetti et Galleria O. Roma, on découvre un impressionnant cabinet que Sottsass avait conçu pour l’appartement milanais d’un de ses amis, employé chez Olivetti. Pièce maitresse de l’appartement, le cabinet de la Casa con la bambina cinese a été dessiné en 1960 pour occuper l’espace du sol au plafond et offrir une face différente sur tous les côtés. Resté dans la famille depuis plus de 50 ans, le cabinet est dévoilé pour la première fois au public. Il repartira rapidement dans l’intimité d’une maison, puisqu’il a été acquis par un collectionneur privé américain pour la somme de 450’000 €, mais, avant cela, ce dernier a promis de la prêter au MET pour la grande retrospective à venir.

Friedman Benda consacre l’entier de son stand au grand maître postmoderniste, des années 50, notamment avec des assises Canada éditées par Poltronova, jusqu’à ses toutes dernières productions en édition limitée, en passant par une magnifique collection de verreries et une rarissime suspension de 1957 pour Arredoluce, que le public n’aurait pu voir avant qu’au Los Angeles County Museum of Art en 2006. L’exposition nous rappelle que Sottsass a été actif jusqu’à sa mort, en effet les plus récents cabinets, plaqués de bois précieux, ont été dessinés au début des années 2000. Des œuvres tardives tout autant recherchées des collectionneurs, en effet, des 6 exemplaires limités de ces importants cabinets, seuls ceux présentés à Design Miami / Basel sont encore disponibles.

 

Ettore Sottsass chez Friedman Benda
Ettore Sottsass chez Friedman Benda. Photo © Corine Stübi

 

Verreries Ettore Sottsass chez Friedman Benda
Verreries Ettore Sottsass chez Friedman Benda

 

La galerie Ammann, une fois n’est pas coutume, présente, elle aussi, des modèles rares d’Ettore Sottsass. Interrogée sur ce virage 1980 (Sottsass, Mendini, Pistoletto, Branzi, Franz West) – même si habilement couplé aux productions contemporaines de Studio Nucleo, Atelier van Lieshout, Rolf Sachs ou Ron Arad – une des responsables du stand m’explique qu’il s’agit en fait d’un retour aux sources, car la galerie, à ses débuts en 2006, avait une accointance particulière, notamment, avec le mouvement Studio Alchemia.
Un des highlight du stand est certainement la tapisserie Balleto Geometrico (1980) d’Andrea Branzi.

 

Amman Gallery
Amman Gallery. Photo © Corine Stübi

 

Design d’architectes et politique

Le design d’architectes est une des thématiques fortes de la 12ème édition, on l’a vu avec Jean Prouvé, Pierre Jeanneret et Ettore Sottsass.
De magnifiques pièces de Gio Ponti sont à admirer sur de nombreux stands, notamment celui de la Galleria Rossella Colombari, où j’ai craqué pour un petit bureau que je n’avais encore jamais vu.
Chez Dansk Møbelkunst, Finn Juhl était, comme chaque année, à l’honneur avec des fauteuils 45 retapissés avec soin et un fauteuil Chieftain entièrement d’origine, dans sa première édition Niels Vodder. La galeriste me souffle qu’à la galerie à Paris, ils ont des fauteuils 45 encore plus rares, en palissandre. Mention spéciale pour la somptueuse et ancienne console signée Borge Mogensen en cerisier et loupe de Vavona.
Plus loin un stand Design Curio reproduit un extrait de cinéma meublé de fauteuils dessiné par Carlo Mollino. La galerie Maniera de Bruxelles mandate, quant à elle, des architectes, dont Trix et Robert Haussmann, sur la production d’édition limitée.

 

Console, Borge Mogensen. Dansk Møbelkunst
Console, Borge Mogensen. Dansk Møbelkunst. Photo © Corine Stübi

 

Dansk Møbelkunst
Dansk Møbelkunst. Photo © James Harris

 

Gate 5
Gate 5. Photo © Corine Stübi

 

Gio Ponti et Carlo De Carli. Galleria Rossella Colombari
Gio Ponti et Carlo De Carli. Galleria Rossella Colombari. Photo © Corine Stübi

 

Design Miami met en lumière le collectif d’architectes italiens BBPR, formé en 1932 par Gianluigi Banfi, Lodovico Barbiano di Belgiojoso, Enrico Peressutti, et Ernesto Nathan Rogers. Avec BBPR, c’est aussi à l’aspect politique que s’intéresse la manifestation, car leur parcours mena le collectif du fascisme à la résistance. Banfi périt dans le camp de concentration de Mathausen où il était enfermé avec di Belgiojoso, et Rogers, d’origine juive, dû s’exiler en Suisse.  On retrouve leurs productions sur les stands de Galleria Rossella Colombari, Casati Gallery, Gate 5 et Nilufar. Cette dernière montre les fauteuils Elettra (1956) et Giulietta (1958) que leur éditeur historique Arflex a depuis réédité, aux côtés de suspensions rarissimes du Palazzo Belgioio (1971), d’une importante crédence et d’une table-console uniques, de provenance milanaise elles-aussi.

 

BBPR chez Casati
BBPR chez Casati. Photo © Corine Stübi

 

Fauteuils Elettra de BBPR pour Arflex, avec console et crédence uniques. Nilufar
Fauteuils Elettra de BBPR pour Arflex, avec console et crédence uniques. Nilufar. Photo © Corine Stübi

 

Les maitres brésiliens et la relève

Malgré une présence accrue du design brésilien à Design Miami / Basel, c’est la première fois qu’une galerie brésilienne, et même sud américaine, participe à la foire. Mercado Moderno de Rio de Janeiro vient avec une proposition intéressante : Elle confronte les grands maîtres du design brésilien avec une poignée de designers contemporains, triés sur le volet. La descendance est parfois directe, comme avec José Zanine Caldas et son fils Zanini de Zanine, dont le fauteuil unique semble trouver sa source dans la double assise Namoradeira (1970) de son père.

 

Namoradeira (1970) de José Zanine Caldas et Poltrona (2017) de Zanini de Zanine. Mercado Moderno
Namoradeira (1970) de José Zanine Caldas et Poltrona (2017) de Zanini de Zanine. Mercado Moderno. Photo © Corine Stübi

 

Sur le stand, j’apprends que la galerie, qui participait déjà à la foire à Miami, s’est décidée à venir à Bâle, attirée par un marché européen en plein boom pour ce type de marchandise, mais aussi pour défendre l’authenticité des productions brésiliennes. En effet, on me raconte qu’un peu plus tôt dans la journée, un visiteur leur a montré une photo de sa sculpture murale 1950 de Joaquim Tenreiro, achetée des années auparavant, en fait un modèle très similaire à celui visible sur le stand (d’une valeur de plus de 90’000 Euro). Or il s’est avéré qu’il s’agissait d’un faux, en un coup d’oeil le galeriste brésilien a reconnu des irrégularités au niveau de la trame multiplis.

 

Sculpture, Joaquim Tenreiro. Mercado Moderno
Sculpture, Joaquim Tenreiro. Mercado Moderno. Photo © Corine Stübi

 

Art Déco et Art Nouveau

L’Art Déco avait fait son entrée lors de l’édition précédente avec André Sornay défendu par Alain Marcepoil. Le marchand parisien est de retour avec du mobilier années 30 du décorateur lyonnais, dont deux tables uniques: Une table à jouer et une table de soyeux dont le plateau est richement décoré de 45 damiers en palissandre cloutés. Par contre il n’y a qu’une seule pièce des années 50, en effet la galerie les réserve plutôt pour le PAD.

La manifestation interdit aux galeries d’exposer de l’art au murs pour ne pas concurrencer Art Basel, et c’est une chance car on y fait des découvertes inattendues comme les tapisseries de Émile Gilioli, un représentant français de la sculpture abstraite des années 50 encore peu connu, qui habille les murs du stand de Marcelpoil. D’autres se servent de la contrainte pour montrer des dessins ou des photos d’archive offrant ainsi aux visiteurs l’occasion d’en apprendre plus sur leurs icones favorites.

 

André Sornay chez Alain Marcelpoil
André Sornay chez Alain Marcelpoil. Photo © Corine Stübi

 

Pour la première fois, l’Art Nouveau vient enrichir le catalogue de Design Miami. Un nouvel arrivé que les organisateurs sont allés chercher, me raconte le galeriste Robert Zehil, figure incontournable de l’Art Nouveau en France. Sa galerie expose de magnifiques verreries signées Lalique, Daum, un service Bugatti en argent (réservé par un musée), une sculpture de Jean Dunand (déjà vendue) et un bureau 1900 de Tony Selmersheim et Charles Plumet, qu’il a emmené pour démontrer l’avant-gardisme du mouvement. Des ventes et sa sélection en tête des articles sur Design Miami / Basel du Financial Times et de Architectural Digest, il semble surpris d’un tel succès, alors qu’il est spécialisé en 1900, une époque où le design à proprement parlé n’existait pas. Mais l’intérêt pour l’Art Nouveau est revenu à son niveau le plus élevé, me confie-il, pas forcément pour les productions de Gallé, qui selon lui ne valent plus grand chose, mais les prix sont repartis à la hausse pour les pièces d’exception. Il faut dire que la période est courte et par conséquent les belles pièces très difficiles à trouver.

 

bureau 1900 de Tony Selmersheim et Charles Plumet. Robert Zehil
Bureau 1900 de Tony Selmersheim et Charles Plumet. Robert Zehil. Photo © Corine Stübi

 

Demisch Danant, Pascal Cuisinier et Jacques Lacoste

Parmi les galeries actives dans le design du XXe siècle, il faut saluer les initiatives de Demisch Danant et de Pascal Cuisinier qui œuvrent à la reconnaissance de designers moins cotés que les habituelles stars du design d’architectes français. Demisch Danant consacre une exposition presque monographique à Jacques Dumond, un designer français moderniste actif des années 1940 à 1960, que la galerie considère comme le chainon manquant du design français, entre les décorateurs français empreints de tradition et ceux qui expérimentaient avec les matériaux et les nouvelles techniques. Son influence s’est avérée très forte sur toute une génération de designers d’après-guerre (Pierre Paulin, Michel Boyer, etc), pourtant il reste encore largement méconnu.

 

Jacques Dumond chez Demisch Danant
Jacques Dumond chez Demisch Danant. Photo © Corine Stübi

 

Jacques Dumond chez Demisch Danant. Photo © Corine Stübi
Jacques Dumond chez Demisch Danant. Photo © Corine Stübi

 

Pascal Cuisinier est un peu plus généraliste, il met en avant de rares productions de designers français tels que Pierre Guariche, René-Jean Caillette, André Monpoix, Joseph-André Motte ou Philippon – Lecoq avec une concentration plus particulière sur les luminaires de 1950 à 1961.

 

Pierre Guariche. Pascal Cuisinier
Pierre Guariche. Pascal Cuisinier. Photo © Corine Stübi

 

Mention spéciale à Jacques Lacoste qui soigne particulièrement la scénographie et s’arrange pour offrir un écrin à la hauteur des icônes signées Jean Royère, qui occupent la majeure partie du stand, Charlotte Perriand, Alexandre Noll ou Serge Mouille.
Le décor raffiné est signé Emilie Bonaventure de l’agence be-attitude.

 

Jean Royère. Jacques Lacoste
Jean Royère. Jacques Lacoste. Photo © James Harris

 

Design contemporain

Mon cœur bat évidemment toujours un peu plus fort pour le design historique, mais le design Contemporain n’est pas en reste.

Victor Hunt met en avant le projet Vaalbeek de Tomas Alonso, que le jeune designer espagnol a conçu pour la décoration intérieure d’une petite maison installée en lisière de forêt en Belgique.

 

Vaalbeek de Tomas Alonso. Victor Hunt
Vaalbeek de Tomas Alonso. Victor Hunt. Photo © James Harris

 

Studio Job, Supergufram. Gufram
Studio Job, Supergufram. Gufram. Photo © Corine Stübi

 

Studio Job redevient un incontournable de Design Miami / Basel, on les retrouve chez Carpenters Workshop, plus loin dans une collaboration avec Gufram où le duo s’est amusé à détourner les icones de la marque, jusqu’à empoter le fameux Cactus, puis chez Chamber. Ces derniers exposent la table sinking ship de Studio Job, issu d’une série en cours autour de la thématique de la catastrophe. Les œuvres de Jörg Boner, Trix & Robert Haussman, Bertille Laguet ou OS Δ OOS font écho à l’exposition collection #3 dirigée par la jeune curatrice Matylda Krzykowski. Suivant le thème d’une nouvelle domesticité entre fonctionnalité et art, Let’s Stick Together 1 de Margriet Craens + Lucas Maassen force l’accouplement d’une étagère Billy d’Ikea avec la reproduction d’une enfilade de Gerrit Rietveld.

 

Let's sink, Studio Job, Chamber
Let’s sink, Studio Job, Chamber. Photo © Corine Stübi

 

Etage project de Copenhague participe pour la première fois à la foire avec un solo show de FOS (Thomas Poulsen).

J’avais parlé du designer Sam Orlando Miller dans mon article sur les miroirs, c’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé ses dernières créations sur le stand de Fumi et ai repéré le travail de béton et feuilles de plomb des britanniques JAMESPLUMB.

Fumi Gallery, à droite: Sam Orlando Miller, Stella Velata 1 & 2. Photo © James Harris
Fumi Gallery, à droite: Sam Orlando Miller, Stella Velata 1 & 2. Photo © James Harris

 

La proposition de la Galleri Feldt est un de mes coups de coeur. La galerie danoise a invité le jeune artiste Danh Vo à intervenir dans les tiroirs d’une paire d’armoires à dessins créés en 1955 par Poul Kjaerholm pour la Royal Danish Academy (Danh Vo était lui-même étudiant de cette école). Inspiré par le processus créatif, l’artiste intervient à l’aide de dessins uniques portant tous le même texte « All work and no play makes Jack a dull boy », tiré d’une scène du film Shining de Kubrick, et calligraphié à la main par son propre père, Phung Vo. Les commodes, usées par des années d’utilisation massive et répétée par les étudiants, restent néanmoins parfaitement fonctionnelles, les dessins placés au fond des tiroirs étant protégés d’une vitre. L’aller-retour dans le temps et au-delà des disciplines est très réussi et exemplaire de ce qu’est devenu le design de collection contemporain.

 

Poul Kjaerholm & Danh Vo. Galleri Feldt
Poul Kjaerholm & Danh Vo. Galleri Feldt. Photo © James Harris

 

Tendance 3D

L’impression 3D se révèle finalement comme une tendance de fond à mesure que la technologie s’affine. Laufen et Swarovski, notamment, amènent de nombreux exemples créatifs de cette nouvelle technologie. Le premier va jusqu’à imprimer des objets d’art en céramique à haute densité selon le même principe que la médecine, pendant que Takt Project, lauréat du prix Designers of the future de Swarovski, expérimente la toute première impression 3D en cristal. Si la forme des vases du studio tokyoïte n’est pas incroyable, leur structure est intéressante car la délicate trame imprimée emprunte à la nature. Pour l’instant, il n’existe qu’une seule imprimante capable d’imprimer en cristal et elle se trouve à Tel Aviv, mais le cristallier, réellement propulsé dans le futur par les projets lauréats de cette année, pourrait poursuivre l’expérimentation.

 

Takt Project, lauréat du prix Designers of the future de Swarovski
Takt Project, lauréat du prix Designers of the future de Swarovski. Photo © Corine Stübi

 

Pour conclure, je ne parlerai pas de la mouture 2017 de Design at large, dont le commissariat a été confié au fashion designer américain Thom Browne, qui m’a un peu laissé sur ma faim. Peut-être une des rares (petites) déceptions de cette 12ème édition, autrement de très grande qualité. Si la foire apparaissait plus conservatrice en 2016, l’équilibre entre passé, présent et futur semble désormais rétabli pour le bonheur des collectionneurs toujours plus nombreux à succomber au design.

Texte: Corine Stübi
Photos: © Corine Stübi ou © James Harris

À lire aussi le reportage sur Art Basel 2017

 

Design at large, Thom Browne. Performance
Design at large, Thom Browne. Performance. Photo © Corine Stübi

 

Greta Grossman et Renate Müller, R & Company. Photo © Corine Stübi
Greta Grossman et Renate Müller, R & Company. Photo © Corine Stübi

 

Mod 865, Ico Parisi, Cassina, Gate 5
Mod 865, Ico Parisi, Cassina, Gate 5. Photo © Corine Stübi

 

Mathieu Matégot chez Matthieu Richard
Mathieu Matégot chez Matthieu Richard. Photo © Corine Stübi

 

BBPR chez Casati. Photo © Corine Stübi
BBPR chez Casati. Photo © Corine Stübi

 

Laffanour
Laffanour. Photo © Corine Stübi
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Design

Miroir ô miroir dis-moi qui sont les plus beaux!

Le miroir est un objet décoratif fascinant, bien sûr empli de symbolique, il peut se décliner sous toutes les formes et expérimenter les matériaux qu’ils soient nobles ou communs. Ktdsays vous livre sa liste de miroirs favoris, du XXe siècle aux dernières nouveautés.

 

1. Dessiné par Gio Ponti en 1925, le miroir Randaccio est réédité depuis l’année passée par l’éditeur danois Gubi. Surmonté d’une frise en forme de couronne, Il se distingue par le raffinement typique du maître moderniste et par un laiton aux finitions vintage. Disponible en 3 tailles, le miroir se laisse combiner pour une décoration murale flamboyante.

À noter aussi ses deux miroirs F.A.33, également réédités par Gubi

 

Miroir Randaccio à gauche et F.A.33 à droite, Gio Ponti, Gubi
Miroir Randaccio à gauche et F.A.33 à droite, Gio Ponti, Gubi

 

Miroir Ultrafragola, Ettore Sottsass, Poltronova
Miroir Ultrafragola, Ettore Sottsass, Poltronova. Photo publiée dans The Chamber of Curiosity © Gestalten

 

2. En 2017, Ettore Sottsass aurait eu 100 ans, une nouvelle occasion de célébrer l’œuvre du maestro du postmodernisme! Pour qui aime ses créations, le miroir Ultrafragola est un must-have. Le grand miroir en pied, tout en courbes sensuelles, abrite un néon coloré dans son cadre, qui le transforme de blanc à rose une fois allumé. Il est édité par Poltronova, qui le fabrique sans interruption depuis 1970.

 

Miroir Ultrafragola, Ettore Sottsass, Poltronova
Miroir Ultrafragola, Ettore Sottsass, Poltronova. Photo © Kissthedesign

 

3. Boris Dennler a dessiné la lampe / miroir Ô Abyss pour l’exposition « Lumière et réflexion » qui s’est tenue à la galerie Kissthedesign de novembre 2016 à février 2017. Le designer romand a joué avec les propriétés d’un miroir simplement habillé d’un filtre dichroïque pour créer un effet d’optique, où le tube néon se réplique à l’infini dans un arc en ciel de couleurs. L’objet, entre art et design, est fabriqué de manière artisanale en Suisse, chaque exemplaire est signé et numéroté.

 

Miroir O-Abyss, Boris Dennler. Photo © Corine Stübi
Miroir O-Abyss, Boris Dennler. Photo © Corine Stübi

 

4. J’ai découvert pour la première fois le travail de Nel Verbeke sur le stand de la galerie zurichoise Roehrs & Boetsch à Art Genève, un vrai coup de cœur!
The Mirror | Hourglass (2014 – 2016) de la jeune artiste belge fait partie de la série Embrace Melancoly, une collection d’objets rituels ouverts sur l’introspection et la mélancolie. La diplômée de la Design Academy de Eindhoven et de la Luca School de Gand dévoie la typologie miroir, ici patiné de sorte à ne plus refléter que son propre statut de relique. L’instrument propose aussi sa propre mesure du temps, il est possible de le tourner et le tube de verre contenant du sable noir fonctionne comme un sablier.

Un exemplaire de l’édition de 8 + 2 AP est visible au mudac de Lausanne du 31 mai au 1er octobre 2017 dans l’exposition Miroir Miroir.

 

The Mirror | Hourglass (2014 – 2016), Nel Verbeke. Photographie de Alexander Popelier, courtoisie de Roehrs & Boetsch.
The Mirror | Hourglass (2014 – 2016), Nel Verbeke. Photographie de Alexander Popelier, courtoisie de Roehrs & Boetsch.

 

5. Si Ettore Sottsass est aujourd’hui reconnu comme le chantre du postmodernisme, il n’en a pas moins commencé moderniste, comme l’atteste ses productions pour Arredoluce, notamment, et ces miroirs très rares dessiné en 1958 pour Santambroggio e De Berti, mis en vente chez Artcurial à Paris le 30 mai. Composé d’un cadre en tubes de laiton, cet important miroir provient de la Casa Pasolini, Bergamo. La paire est estimée à 18 000 – 22 000 €, un prix qui ne devrait pas arrêter les collectionneurs les plus avertis.

 

Miroirs, Ettore Sottsass, Santambroggio e De Berti. Photo © Artcurial
Miroirs, Ettore Sottsass, Santambroggio e De Berti. Photo © Artcurial

 

6. Le miroir Antro Stellato de Sam Orlando Miller pour la galerie Fumi de Londres est plein de poésie. Comme une membrane sensible, il capture le temps qui passe, non pas de manière numérique, mais comme si l’instant était retenu dans le verre.

Le sculpteur britannique se consacre majoritairement à la création de miroirs, qu’il crée à partir de différents matériaux mêlant traces d’usure, rouille, et patine artificielle. Tous uniques, ils ont en commun un aspect narratif fort, où antiquité cohabite avec luxe, empruntant souvent à l’esthétique riche en facettes des pierres précieuses.

 

Antro Stellato, Sam Orlando Miller. Courtesy of Helen Miller for Gallery FUMI
Antro Stellato, Sam Orlando Miller. Courtesy of Helen Miller for Gallery FUMI

 

7. Ce magnifique miroir Cristal Art, années 60, faisait partie des highlights de la vacation design du 4 mai de Genève Enchères. Il a d’ailleurs trouvé acquéreur pour 3’500 CHF (Prix au marteau).

Les miroirs des années 50 à 70 du fabricant turinois sont aujourd’hui recherchés par les collectionneurs qui apprécient leur aspect décoratif et des prix plus accessibles que ceux des productions estampillées Fontana Arte, le plus célèbre concurrent de Cristal Art.

 

Miroir, Cristal Art. Photo © Genève enchères
Miroir, Cristal Art. Photo © Genève enchères

 

8. Stars in your eyes de Pascal Anson pour Post Design (1999) est l’atout glamour à petit prix! Avec sa forme d’étoile lumineuse, le miroir en plastique joue sur les stéréotypes avec humour et style. Le petit bijou pop s’achète à 340 CHF chez Kissthedesign.

Post Design est le nom donné par Memphis pour sa production dès 1997. Si la marque compte des pièces des membres fondateurs du groupe Memphis, elle soutient les positions artistiques de designers contemporains tels que Richard Woods ou Johanna Grawunder.

 

Stars in your eyes, Pascal Anson, Post Design
Stars in your eyes, Pascal Anson, Post Design. Extrait du catalogue.

 

9. Juliette Roduit est connue en Suisse romande pour ses scénographies, notamment dans le milieu culturel, où elle collabore avec le Mamco, le prix Kiefer Hablizel, la galerie Xippas, ou des espaces d’art indépendants comme Circuit ou Stadio. La série Pauline de la diplômée en architecture d’intérieur de la HEAD à Genève consiste en plusieurs miroirs uniques de 70 cm de diamètre, produits à partir de différents morceaux de plexiglas teintés. Si la composition à l’intérieur du miroir varie, la jeune designer se limite aux couleurs : bleu, or et cuivre, qu’elle assemble pour des résultats toujours nouveaux.

 

Miroir de la série Pauline, Juliette Roduit. Photo © Annik Wetter
Miroir de la série Pauline, Juliette Roduit. Photos © Annik Wetter

 

10. La signature de Nicolas Le Moigne se reconnait souvent dans les détails. En effet, le designer aime combiner minimalisme et finitions à la main, où, derrière l’épure des formes, se dévoile le savoir-faire de l’artisan qui le fabrique. Le miroir SUN qu’il a dessiné pour la jeune maison d’édition Marlo & Isaure est un bel exemple de cette approche. Le cadre du miroir, disponible à choix en cuivre ou en laiton, est martelé et poli pour un aspect traditionnel en contraste avec la ligne sobre.

Aujourd’hui basée en Tunisie, la marque a été fondée en 2013 par les designers Marlo Kara et Isaure Bouyssonie, tous deux diplômés de l’ECAL.

SUN est 250 CHF et peut être commandé à Lausanne chez Kissthedesign.

 

Miroir Sun, Nicolas Le Moigne, Marlo & Isaure
Miroir Sun, Nicolas Le Moigne, Marlo & Isaure

 

11. Composé de 10 triangles de miroirs fixés sur un cadre en noyer massif, Walnut Groove de Boris Dennler semble échappé d’un conte de fée. À la fois retro et contemporain, son style ne séduira pas que les nostalgiques.

L’important miroir (ca. 100 x 70 cm) est entièrement fabriqué à la main en Suisse. Produit en petite série, chaque miroir est signé et numéroté.

 

Miroir Walnut Groove, Boris Dennler
Miroir Walnut Groove, Boris Dennler

 

12. BD Barcelona suit Jaime Hayon depuis ses débuts et bien leur en a pris car, 11 ans après, le nom du designer est sur toutes les lèvres. Dessinés en 2016, les miroirs King Kong font suite à la série initiée en 2014 pour la galerie parisienne Kreo. Le grand miroir ludique est disponible avec deux décors noir et or.

 

King Kong, Jaime Hayon, BD Barcelona
Miroirs King Kong, Jaime Hayon, BD Barcelona

 

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Design

Salon du meuble de Milan, 15 nouveautés 2017

 

1. Parmi les nouveautés de Apparatus à Milan, la série de tables en résine Segment se remarque par son subtile jeu de transparence et d’opacité. La luxueuse collection à l’allure d’objet d’art se décline en tables et console avec un plateau laqué rouge ou noir.

 

Tables d'appoint Segment, Apparatus
Tables d’appoint Segment, Apparatus. Photo © Apparatus

 

2. Dimitri Bähler que j’expose régulièrement, depuis 2013, à la galerie présentait ses nouvelles céramiques Iridescences à Milan. La série aux formes sobres se distingue par un émail irisé, de tradition moyen-orientale, très répandu dans la région de l’Ombrie au 15e siècle. Aujourd’hui seuls quelques artisans, dont Maurizio Tittarelli Rubboli avec qui Dimitri a réalisé sa série, maîtrisent encore cette technique complexe.

 

Dimitri Bähler, Iridescences. Artisan: Maurizio Tittarelli Rubboli.
Dimitri Bähler, Iridescences. Artisan: Maurizio Tittarelli Rubboli. Photo © Laila Pozzo pour Doppia Firma

 

3. C’est en 2016, à Milan, que j’ai découvert Astep, depuis décembre 2016 dans la sélection de nouvelles marques de Kissthedesign avec Memphis Milano. Cette année, le jeune éditeur dirigé par Alessandro Sarfatti, petit fils du grand Gino Sarfatti, propose une version en laiton de la suspension VV Cinquanta de Vittoriano Viganò, réédite l’applique VV Cinquanta Twin et introduit la lampe portable Nox de Alfredo Häberli. Les nouveautés sont attendues dès septembre en boutique.

 

Applique VV Cinquanta Twin, Vittoriano Vigano, Astep
Applique VV Cinquanta Twin, Vittoriano Vigano, Astep. Photo © Astep
Suspension VV cinquanta en laiton, Vittoriano Viganò, Astep
Suspension VV cinquanta en laiton, Vittoriano Viganò, Astep, dans The Visit de Studiopepe. Photo © Corine Stübi

 

 

Miroir #01 de la série Structural Skin, Jorge Penades
Miroir N°1 de la série Structural Skin

4. Jorge Penades se sert de chutes de cuir pour la création de ses lampes et miroirs de la série Structural Skin. Attention pas n’importe quel cuir, en effet le designer espagnol est sponsorisé par Petit H (Hermès) qui le fourni en matière première. Il est ainsi possible de choisir dans la gamme de couleur d’Hermès, pour un résultat personnalisé. Le cuir est ensuite compressé comme du bois multiplis puis traité de la même manière, coupé et poncé. Le résultat est aussi solide que précieux, de plus recyclage oblige chaque pièce est unique.

Les collectionneurs romands peuvent s’adresser à la Galerie Kissthedesign pour plus d’informations.

 

Jorge Penadés, lampe de table N°1 et N°3. Photo © Jorge Penadés
Jorge Penadés, lampe de table N°1 et N°3. Photo © Jorge Penadés

 

5. L’enfilade FJ 5500 de Finn Juhl est dès maintenant également disponible avec les portes en bois et le piètement laqué. Très très chic! La collection Finn Juhl pour Onecollection reçoit d’ailleurs en 2017 un nouveau nom, House of Finn Juhl, ainsi qu’une nouvelle identité visuelle.

 

Enfilade FJ5500, Finn Juhl, Onecollection sur le stand House of Finn Juhl à Milan
Enfilade FJ5500, Finn Juhl, Onecollection sur le stand House of Finn Juhl à Milan. Photo © Onecollection

 

6. En 1970, le président français George Pompidou et son épouse commandent à Pierre Paulin l’aménagement de trois pièces au rez-de-chaussée du Palais de l’Elysée. Ensuite éditée par « Verre Lumière » et déclinée en lampadaire, l’applique Elysée s’intègre dans l’environnement scénographique de lainages tendus que Paulin avait pensé pour le fumoir.
En 2017, c’est Nemo qui reprend le flambeau et réédite l’applique et le lampadaire Elysée. Présentées en avant-première à Milan, il faudra encore patienter jusqu’en octobre avant que ces icônes ne soient disponibles en boutique.

 

Applique et lampe sur pied Elysée, Pierre Paulin, Nemo.
Applique et lampe sur pied Elysée, Pierre Paulin, Nemo. Photo © Nemo et Image d’archive du fumoir de l’Elysée. Photo © Paulin Paulin

 

7. J’avoue être complètement passé à côté de la réédition des pièces emblématiques de Angelo Mangiarotti, pourtant initiée en 2010 déjà par Agapecasa, filiale du fabricant de salles de bain Agape. L’éditeur italien réédite une dizaine de modèles parmi lesquels, les tables en marbre Eros et M, des classiques des années 60 et 70 édités à l’époque par Skipper. Les meubles portent la signature du maestro pour attester de leur authenticité, en effet, il existe de nombreuses copies de ces modèles très populaires auprès des collectionneurs de design du 20e.

 

Table M, Angelo Mangiarotti, Agapecasa
Table M, Angelo Mangiarotti, Agapecasa. Photo © Agapecasa

 

Vase Wiggle, Max Lamb, Bitossi
Vases Wiggle, Max Lamb, Bitossi

8. Bitossi Ceramiche multiplie les belles collaborations, récemment Dimorestudio, Bethan Laura Wood et, depuis 2017, Max Lamb! Le designer britannique, connu pour ses expérimentations de matière et grand collectionneur de céramique, s’est inspiré de techniques antiques pour imprimer des textures géométriques irrégulières à son vase Wiggle.
La collection 2017 de Bitossi comprend aussi 4 nouvelles finitions, très réussies, des vases de Dimorestudio.

 

Vases, Dimorestudio, Bitossi
Vases, Dimorestudio, Bitossi. Photo © Bitossi

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9. Les lampes WireRing et Blush lamp sont la toute première expérience de production en série pour Formafantasma et le studio démarre fort, puisque l’heureux éditeur n’est rien de moins que Flos !

La Blush lamp fait l’usage du LED et de verre dichroïque pour pallier au manque de lumière naturelle en hiver. Son design minimaliste met tout en œuvre pour que l’attention se focalise sur la lumière colorée. WireRing est aussi un bel exercice de réduction. L’applique joue, quant à elle, sur la technicité et expose un câble électrique soutien esthétique et pratique du cerceau enserrant la source lumineuse (LED). Les deux lampes sont disponibles dans plusieurs finitions.

 

Blush lamp (gauche) et WireRing (droite), Formafantasma, Flos
Blush lamp (gauche) et WireRing (droite), Formafantasma, Flos. Photos © Flos

 

10. Cette année pas de nouvelles rééditions pour Arflex, mais plein de nouveautés contemporaines, comme le fauteuil Leafo de Jaime Hayon et la superbe bibliothèque Alba de Bernhardt & Vella. Cette dernière présente une structure très inspirée de Franco Albini mais se différencie avec des étagères en verre coloré, dont les dossiers forment un décor géométrique.

 

Les nouveautés 2017 d'Arflex à Milan.
Les nouveautés 2017 d’Arflex à Milan. Photo © Arflex

 

11. Fondé en 1881 à Milan, Fontana Arte entre dans l’histoire du design dès 1931 sous la direction artistique de Gio Ponti. La marque n’a depuis cessé d’innover tout en conservant son patrimoine. La collection 2017 impressionne par des signatures pointues comme OS & OOS, Front design, Federico Peri, Claesson Koivisto Rune ou encore Paola Navone, des lampes sculpturales, comme celle de la série Setareh du jeune architecte Francesco Librizzi, et des classiques en version LED, telle que la lampe de table Bilia de Gio Ponti.

 

Lampe de table Setareh de Francesco Librizzi, Lampe Bilia, Gio Ponti, Fontana Arte. Photo © Fontana Arte
Lampe de table Setareh de Francesco Librizzi et Lampe Bilia, Gio Ponti, Fontana Arte. Photo © Fontana Arte

 

12. Amanda Lilholt inaugurait sa nouvelle production à Ventura Lambrate, parmi elles, le daybed HER et une collaboration avec Kopenhagen Fur. La collection de la jeune designer danoise est exclusive, tout est fait à la main au Danemark avec des matériaux de grande qualité : Peaux de phoque du Groenland produits de la chasse contrôlée (collection Kopenhagen Fur), tissu Kvadrat, laiton, métal peint et laqué de manière atisanale, etc.
On y retrouve avec plaisir des lignes et des matières chères aux grands décorateurs français du XXe siècle (René Herbst, Charlotte Perriand ou encore Jacques Adnet).

 

Amanda Lilholt x Kopenhagen Fur
Amanda Lilholt x Kopenhagen Fur. Photo © Amanda Lilholt

 

12. Deux nouveautés intéressantes de la galerie Nov de Carouge étaient à découvrir en avant-première à Milan, dans le cadre de l’exposition The New Ready Made.

Lampe RTB, Vincent Dechelette, NOV
Lampe RTB, Vincent Dechelette, NOV. Photo © Julia Andreone & Heloise Schwab.

 

La lampe RTB, pour « Ready to Blow/Bright » de Vincent Dechelette est entièrement produite à base de matériaux recyclés, PET pour le réflecteur, et Terrazzo pour la base. Le Terrazzo est un matériau composé de fragments de verre ou de pierre, redevenu très tendance depuis quelques années.

 

FOAM ME de Manon Portera & Cécile-Diama Sambs expose un matériau très répandu dans la construction de maisons et la fabrication de meubles, pourtant jamais visible, la mousse expansée. La forme des objets des diplômées de la HEAD est volontairement abstraite, de sorte à permettre un usage multifonctionnel.

 

FOAM ME, Manon Portera & Cécile-Diama Sambs, NOV
FOAM ME, Manon Portera & Cécile-Diama Sambs, NOV. Photo © Thevoz-Choquet

 

14. La maison traditionnelle Gebrüder Thonet Vienna est souvent à la pointe de la tendance ces dernières années et a sans doute fortement contribué au retour en force du cannage, notamment avec les créations de GamFratesi ou Front Design. Le fabricant sait aussi se démarquer et quitter sa zone de confort, le cannage donc, comme l’atteste le tout nouveau fauteuil Chignon de Lucidipevere, qui conserve néanmoins le bois courbé, autre marque de fabrique de l’éditeur.

 

Fauteuil Chignon de Lucidipevere, Gebrüder Thonet Vienna. Photo © Gebrüder Thonet Vienna
Fauteuil Chignon de Lucidipevere, Gebrüder Thonet Vienna. Photo © Gebrüder Thonet Vienna

 

Suspension Stone, Hangar Design Group, Vistosi
Stone, Hangar Design Group, Vistosi.

15. Hangar Design Group avait signé la lampe Futura en 2016 pour Vistosi. La collaboration avec la célèbre verrerie de Murano se poursuit cette année avec la suspension Stone. La signature du collectif s’exprime dans la tension formelle entre le polygone et le matériau, le verre soufflé, qui a tendance à naturellement arrondir les angles.

 

 

 

 

 

+ Bonus
Le Face Cabinet de Jaime Hayon fait partie de la série Stone Age Folk pour Caesarstone. Inspirée des folklores d’Europe de l’Est et d’Afrique, l’armoire compose un visage stylisé avec une marqueterie de différents types de quartz.

 

Jaime Hayon, Stone Age Folk, Caesarstone
Jaime Hayon, Stone Age Folk, Caesarstone. Photo © Corine Stübi

Texte: Corine Stübi

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Design Intérieurs

Retour en images sur la Design week de Milan 2017

 

Du 4 au 9 avril, le monde du design international se retrouve à Milan et fait le plein d’inspirations pour l’année. Retour sur 10 expositions à retenir et impressions en images de la Design Week

 

1. Formafantasma

Formafantasma, Foundation. Photo © Corine Stübi
Formafantasma, Foundation. Photo © Corine Stübi

 

« Foundation » de Formafantasma au Spazio Krizia est mon coup de cœur de l’édition 2017. Le duo de designers italiens installés à Amsterdam a réuni plusieurs collections et projets de luminaires dans cette exposition. Il est ici question de lumière, mais aussi de processus. En effet l’exposition s’articule autour de deux axes : Les produits finis, dont les lampes éditées, notamment par Flos, qui démontrent la partie disons « industrielle » de la production de Formafantasma et les expérimentations plus artistiques, où la technique est laissée brute, de sorte à dévoiler l’intention et la recherche en oeuvre. LED, film dichroïque, miroirs, polycarbonate, laiton, bronze, sont autant d’outils pour explorer la lumière, investiguer son ombre, ses reflets, sa couleur, l’espace qu’elle définit.

Une vraie réussite récompensée à deux reprises au Milano Design Award 2017 (Best Technology et Press Choice)

 

2. Dimorestudio

Dimorestudio, Milan Design Week 2017.
Dimorestudio, Milan Design Week 2017. Photo © Corine Stübi

 

Rendez-vous attendu et très couru, Dimorestudio a réussi cette année encore à séduire avec des environnements luxuriants et toujours renouvelés. Leur recette miracle: un savant mélange entre design vintage et création ultra tendance.

 

Dimorestudio, Milan Design Week 2017. Photo © Corine Stübi
Dimorestudio, Milan Design Week 2017. Suite de table et chaises Locus Solus de Gae Aulenti. Photo © Corine Stübi

 

Dimorestudio, Milan Design Week 2017. Suspension de Ingo Maurer et chaise de Charlotte Perriand
Dimorestudio, Milan Design Week 2017. Suspension de Ingo Maurer et chaise de Charlotte Perriand. Photo © Corine Stübi

 

3. Hermès

Hermès à La Pelota
Hermès à La Pelota. Photo © Corine Stübi

 

Hermès a investi, avec la classe qui caractérise la marque, La Pelota occupée l’année précédente par Hay. Changement total d’ambiance donc!
Vestiaire harnaché, vaisselle, tissus d’ameublement, mobilier ou accessoires, la large collection d’Hermès Maison, tantôt signée par l’équipe Hermès tantôt par des designers tels que Barber & Osgerby, Pierre Charpin ou Gianpaolo Pagni, est présentées dans un décor architectural blanc chaux simplement orné de jeux d’ombres. Ici tout est luxe et volupté, les matériaux sont nobles, cuir bien sûr, mais aussi osier, bronze, bois ou tissu.

 

Hermès à La Pelota
Hermès à La Pelota. Photo © Corine Stübi

 

 

4. Swarovski

Aldo Bakker, Swarovski
Aldo Bakker, Swarovski. Photo © Corine Stübi

 

Luxe toujours avec Swarovski qui exposait sa nouvelle collection Atelier Swarovski Home au Palazzo Crespi. Le cristallier collabore depuis un an avec les grands noms du design sur une série d’accessoires, vases, art de la table, qui ont en commun de magnifier la matière dans des objets de design. Parmi les nouveautés 2017, les presses papier minimalistes du Studio Brynjar & Veronika, suite logique de leur présentation en 2016 à Design Miami / Basel dans le cadre du Swarovki Designers of the Future, font impression, tout comme la série Prism de Tomas Alonso, et les nouvelles pièces d’Aldo Bakker.

 

Prism, Tomas Alonso, Swarovski. Photo © Corine Stübi
Prism, Tomas Alonso, Swarovski. Photo © Corine Stübi

 

5. Memphis Milano

Less is less, Sottsass, Memphis Milano
Less is less, Sottsass, Memphis Milano.

J’espérais plus d’exubérance pour l’exposition Less is less que Memphis Milano consacre à Ettore Sottsass, surtout que l’entreprise nous avait habitué à plus. Qu’importe, l’opportunité de voir la production de Sottsass pour Memphis réunie dans un seul et même endroit est toujours bonne à prendre.

 

 

 

 

 

6. ECAL, More Rules for Modern Life

Ecal, More Rules for Modern Life.
Ecal, More Rules for Modern Life. Photo © Corine Stübi

 

Si je n’ai pas pu m’empêcher de mentionner l’exposition de Sottsass, c’est aussi que l’esprit Memphis est loin d’appartenir au passé! Preuve en est l’exposition « More Rules for Modern Life » de l’ECAL! Les propositions des étudiants en Bachelor Art Visuel et Bachelor Design Industriel sous la direction de Christophe Gubéran et Stéphane Kropf sont joyeuses, colorées et enthousiasmantes, il y a beaucoup de jeunes talents à suivre de près.

Le dialogue entre art et design fonctionne si bien que la distinction n’est pas toujours facile et le propos est bien là, l’éternelle question du statut de l’œuvre entre high et low culture. Le commissariat a été confié à John Armleder, qui imprime sa marque, notamment celle explorée depuis 1979 avec ses « furniture sculpture », dont l’exemplaire 254, daté de 1991, trône dans la pièce principale.

 

Ecal, More Rules for Modern Life. Photo © Corine Stübi
Ecal, More Rules for Modern Life. Photo © Corine Stübi

 

7. Danish Arts Foundation, Mindcraft17

Mindcraft17
Mindcraft17. Photo © Corine Stübi

 

Mindcraft à la basilique San Simpliciano offre un bel aperçu des savoir-faire danois, de la céramique au tissu. Le curateur Henrik Vibskov a placé l’exposition sous la thématique du temps, passé – présent – future, un temps comme suspendu, sans être solennel, dans ce cadre religieux. Des cloches en tissu Kvadrat (Réf. Moraine, Ronan & Erwan Bouroullec) rythment la cour de la basilique, ponctuées des pièces des 18 designers et artistes invités.

Les céramiques de Pernille Pontoppidan Pedersen et les sculptures en papier de l’artiste Marianne Eriksen Scott-Hansen (M.E.S.H) font partie des plus belles découvertes.

 

Mindcraft17. Marianne Eriksen Scott-Hansen (M.E.S.H), Starting all over again.
Mindcraft17. Marianne Eriksen Scott-Hansen (M.E.S.H), Starting all over again. Photo © Corine Stübi

 

8. Cassina

Cassina
Cassina. This will be the place. Photo © Cassina

 

Cassina célèbre son 90ème anniversaire en 2017, à cette occasion la marque s’est installée à la Fondazione Giangiacomo Feltrinelli dont le bâtiment, signé Herzog & De Meuron, a été inauguré en 2016.

Le projet conçu par Patricia Urquiola, directrice artistique de Cassina, décode l’ADN de l’éditeur, entre archive et innovation. Le concept de l’exposition prend racine dans la monographie « This will be the place » qui se penche sur l’impact social et culturel de l’architecture et du mobilier sur les modes de vie et vice versa. Édité par Felix Burrichter la publication fait suite à « Il Libro dell’Arredamento » commandé en 1977 à Mario Bellini.

Les espaces se succèdent comme des chapitres avec plusieurs interventions dont celle de Konstantin Grcic sur le phénomène de disruption et son potentiel créateur. A noter aussi la reproduction du « Refuge Tonneau » de Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret (1938) installée au sommet de l’édifice.

 

9. Fritz Hansen

Fritz Hotel, Jaime Hayon pour Fritz Hansen
Fritz Hotel, Jaime Hayon pour Fritz Hansen. Photo © Corine Stübi

 

Le Fritz Hotel est l’hôtel rêvé de Fritz Hansen. On se balade ainsi de la réception au lobby, en passant par le bar, dans un hôtel fictif entièrement aménagé par Jaime Hayon avec le mobilier de l’éditeur danois.

Le plus : La sélection d’icônes de la marque en édition vintage, Chaise Fourmi, Egg Chair et Drop Chair de Arne Jacobsen ou PK22 de Poul Kjaerholm.

 

Fritz Hotel, Jaime Hayon pour Fritz Hansen. Photo © Corine Stübi
Fritz Hotel, Jaime Hayon pour Fritz Hansen. Photo © Corine Stübi

 

10. Nilufar

Nilufar, Fontana Amorosa de Michael Anastassiades. Photo © Corine Stübi
Nilufar, Fontana Amorosa de Michael Anastassiades. Photo © Corine Stübi
Nilufar
Nilufar. Photo © Corine Stübi

Il y a de quoi patienter en attendant Design Miami / Basel chez Nilufar! La galerie milanaise consacre une exposition à Joaquim Tenreiro, l’un des grands maitres du design brésilien du XXe siècle. Mais pas seulement, j’y ai vu de belles pièces vintage de designers italiens et brésiliens, dont une splendide desserte « carrinho de chá »’ de Jorge Zalszupin.

Ici design du XXe et contemporain font bon ménage, comme l’atteste la très inspirée nouvelle installation lumineuse « Fontana Amorosa » de Michael Anastassiades.

 

 

 

 

Texte: Corine Stübi
Photos: © Corine Stübi

 

Impressions en images

 

The visit Studiopepe.
The visit Studiopepe. Photo © Corine Stübi

 

The visit Studiopepe. Suspension VV Cinquanta, Vittoriano Viganò, Astep et vase Rocchetto de Ettore Sottsass pour Bitossi
The visit Studiopepe. Suspension VV Cinquanta, Vittoriano Viganò, Astep et vase Rocchetto de Ettore Sottsass pour Bitossi (disponibles chez Kissthedesign en Suisse romande). Photo © Corine Stübi

 

Toiletpaper Bar
Toiletpaper Bar. Photo © Corine Stübi

 

Amanda Lilholt
Amanda Lilholt à Ventura Lambrate. Photo © Corine Stübi

 

Everything is Connected - Norwegian Crafts.
Everything is Connected – Norwegian Crafts. Photo © Lasse Fløde

 

La collection Sé chez Rossana Orlandi
La collection chez Rossana Orlandi. Photo © Sé

 

Vitra au salon du meuble
Vitra au salon du meuble. Photo © Vitra

 

Masques de GamFratesi pour Kvadrat. Photo © Matteo Girola
MASK de GamFratesi pour Kvadrat. Photo © Matteo Girola
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Design

Puces du design.ch 2017

Pour sa 9ème édition, les Puces du design s’offrent un retour aux sources. Si la manifestation avait longtemps pris ses quartiers dans les halles CFF de Morges, c’est en effet au Flon à Lausanne qu’elle avait vu le jour en 2009.
Depuis, les puces ont pris de l’envergure avec toujours plus d’exposants. Le rendez-vous est aujourd’hui incontournable auprès des amateurs de design du XXe et de brocante vintage.

Du 5 au 7 mai, le palais de Beaulieu réunira plus de 70 marchands spécialisés venus de toute la Suisse et d’Europe avec leurs plus belles trouvailles.

Après le Brésil et la Suisse, c’est le design français qui est à l’honneur. Il devrait donc y avoir de belles pièces signées Pierre Paulin, Pierre Guariche, André Sornay, Serge Mouille et pourquoi pas Jean Prouvé ou Charlotte Perriand à chiner! Mais que les amateurs se rassurent, comme chaque année, il y en aura pour tous les goûts, du design danois, italien, suisse, américain, entre autres, en provenance des années 1930 à 1980. Les Puces sont aussi populaires pour leur large sélection, des pièces de collection rarissimes aux gadgets vintage, en passant par les grands classiques du siècle passé et la mode, de quoi ravir les acheteurs les plus exigeants jusqu’aux étudiants branchés et contenter toutes les bourses.

Nouveau cette année, un programme de conférences accompagne la manifestation et les organisateurs préparent de nombreuses surprises!

Puces du design, du 5 au 7 mai 2017. Beaulieu, Avenue des Bergières 10, 1004 Lausanne
Entrée : 10 CHF, gratuit pour les enfants jusqu’à 12 ans.

Horaires
Vendredi 5 mai 10h – 19h
Samedi 6 mai 10h – 19h
Dimanche 7 mai 10h – 17h

 

Texte: Corine Stübi
Photo: Puces du design.ch en 2016, © Massimo Piovesan

Catégories
Design

Les 15 expositions à ne pas manquer à la design week de Milan 2017

 

Du 4 au 9 avril, Milan se transforme en capitale mondiale du design. À Rho, au salon du meuble, les marques présentent leurs collections ainsi que leurs nouveautés pendant qu’en ville les expositions essaiment dans les différents quartiers; Ventura Lambrate, Brera, Via Tortona, 5VIE, chez Rossana Orlandi, etc.

Petit aperçu du top 15 des expositions sur ma liste d’envies!

 

Dimore Studio. Via Solferino 11

Pas question de manquer Dimore Studio! Le duo de décorateurs stars sort chaque année le grand jeu avec des ambiances incroyables, où vintage, baroque, luxe et narration se marient pour le meilleur effet.

Dimorestudio en 2016. Photo © Paola Pansini
Dimorestudio en 2016. Photo © Paola Pansini

 

Carlton, Ettore Sottsass, Memphis Milano
Carlton, Ettore Sottsass, Memphis Milano

« Less is less. Sottsass e Memphis – 1981- 1987 ». Galleria Post Design, Via della Moscova 27

Memphis Milano fête les 100 ans d’Ettore Sottsass avec l’exposition « Less is less ». Pas besoin d’en dire plus pour comprendre que la fête sera folle.

Dans le même esprit, direction le Baglioni de l’Hôtel Carlton, Via Senato 5 / Via della Spiga 8, pour découvrir le travail du céramiste Alessio Sarri pour les designers du groupe Memphis, dont Sottsass bien sûr, mais aussi Nathalie du Pasquier, Matteo Thun, Martine Bedin, etc.
Puis Via Varese 15, pour l’exposition « Discovering Dimensions. Objects Big and Small » de Michele De Lucchi.

 

 

 

Seletti x Studio Job. Corso Garibaldi 117

Studio Job ajoute sa pierre à l’édifice de mauvais goût assumé et ludique de Seletti avec deux nouvelles collections, la première intitulée « BLOW » Job & Seletti (oui le jeu de mot est volontaire) et la seconde « UN_LIMITED EDITION ». Du mobilier, des luminaires, des accessoire pop et fast food, pensés dans un esprit art-design complétement décalé « comme si Andy Warhol rencontrait Tim Burton dans un diner en Italie ».

BLOW, Seletti & Studio Job
Collection BLOW, Seletti & Studio Job

 

COS x Studio Swine. Cinema arti, Via Pietro Mascagni

Comme les années précédentes, COS mise sur une installation immersive et sensorielle.
« New spring » de Studio Swine évoque le festival de Sakura au Japon. Il est donc question de floraison, un processus illustré de manière poétique par des bulles de fumée qui éclatent au contact de la peau mais restent intactes à la rencontre de tissus texturés.

 

Caesarstone x Jaime Hayon. Palazzo Serbelloni, Corso Venezia 16
Fritz Hotel. Via San Carpoforo 9

Patricia Urquiola était la personnalité de l’édition 2016, cette année ce sera sans conteste Jaime Hayon. Jaime Hayon multiplie les collaborations, ici un nouveau fauteuil pour Arflex, là de luxueux tapis pour Nanimarquina. L’éditeur danois Fritz Hansen lui confie aussi la création et la décoration de son Fritz Hotel à Brera.
Intitulée « Stone age folk », l’installation du designer espagnol pour Caesarstone promet une immersion totale dans un univers symbolique inspiré de la nature. Jaime Hayon s’approprie ici une imagerie liée à la pierre avec son propre langage visuel.

Caesarstone x Jaime Hayon
Caesarstone x Jaime Hayon
Fritz Hotel, esquisse de Jaime Hayon pour Fritz Hansen
Esquisse de Jaime Hayon pour le Fritz Hotel de Fritz Hansen

 

The Visit par studiopepe. Via Palermo 1

La Design week de Milan permet aussi de découvrir des lieux pas toujours ouverts au public. Studiopepe nous invite à la maison, plus précisément dans une visite intime et chaleureuse. Pour Arianna Lelli Mami et Chiara Di Pinto, fondatrices du studio, la maison est la projection physique du moi intérieur, un lieu où la beauté nous enveloppe et nous accompagne au quotidien.
L’exposition The Visit se structure autour de plusieurs concepts : la fresque, les grands maîtres, le foyer, les éléments décoratifs, les matériaux, et se déploie dans un appartement de 100 m2 niché dans un immeuble de 1800. Parmi les marques invitées, on note Astep et Bitossi (toutes les deux disponibles chez Kissthedesign en Suisse romande), Vitra, Bang & Olufsen, Bulthaup, Molteni et CC-tapis.

The visit, Studiopepe
Masters, The visit, Studiopepe

 

Nilufar. Via della Spiga 32

Nilufar consacre une exposition rétrospective au designer brésilien Joaquim Tenreiro et ouvre le dialogue avec une installation inédite de Michael Anastassiades.

Fauteuil de Joaquim Tenreiro, Brésil, 1954. Photo © Nilufar
Fauteuil de Joaquim Tenreiro, Brésil, 1954. Photo © Nilufar

 

Formafantasma. Spazio Krizia, Via Manin 21

Je suis avec beaucoup d’intérêt le travail de Formafantasma, qui après avoir principalement collaboré avec des galeries sur des éditions limitées, se lance dans la production en série avec les lampes WireRing et Blush pour Flos, à découvrir à Euroluce.
Au Spazio Krizia, le duo italien basé à Amsterdam, présente une sélection de lampes de la collection Delta pour Galleria Giustini/Stagetti, Galleria O. Roma, présentée à Design Miami Basel en 2016, mais aussi de récentes expérimentations lumineuses pour le centre d’art Peep-Hole de Milan, ainsi qu’un avant-gout d’un nouveau projet avec le Textiel Museum de Tilburg. Une exposition work in progress donc, qui offre un aperçu intéressant sur le processus créatif et la démarche des designers.
Formafantasma est aussi au Spazio CEDIT (Fuoro Buonaparte 14) avec Martino Gamper.

Foundation, Formafantasma. Photo © Formafantasma
Foundation, Formafantasma. Photo © Formafantasma

 

Fornasetti. Corso Venezia 21 A

Fornasetti a récemment ouvert un nouveau flagship store de 3 étages à Corso Venezia. L’occasion de découvrir les nouvelles pièces dans un environnement au total look Fornasetti.

Le nouveau flagship store de Fornasetti à Corso Venezia. Photo © Arianna Sanesi
Le nouveau flagship store de Fornasetti à Corso Venezia. Photo © Arianna Sanesi

 

New Rules, ECAL

ECAL “More Rules for Modern Life”. Spazio Orso 16, Via dell’Orso 16

Les adresses de l’ECAL sont multiples cette année encore. Je retiens celle du Spazio Orso pour son parti pris de synergies entre l’art et le design. L’exposition “More Rules for Modern Life” est en effet montée sous la direction de de Christophe Guberan et Stéphane Kropf, et le commissariat de l’artiste John Armleder.

 

 

 

Cassina 9.0 2017-1927. Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, Viale Pasubio et Showroom Via Durini 16

L’éditeur mythique Cassina a quitté Rho pour fêter ses 90 ans à la Fondazione Giangiacomo Feltrinelli et présenter sa nouvelle collection dans son showroom milanais. Un rendez-vous immanquable pour qui aime les classiques du design et les grands noms d’hier et d’aujourd’hui

 

Tom Dixon, Multiplex. Teatro Manzoni, Via Manzoni 42

Depuis qu’il a fait de sa propre marque un mastodonte de l’accessoire, Tom Dixon n’est plus trop ma tasse de thé. Malgré tout on ne peut pas nier l’attrait de ses concepts, et celui d’investir entièrement un vieux cinéma milanais avec ses créations fait plutôt envie.

© Tom Dixon
© Tom Dixon

 

Texte: Corine Stübi
Légende de l’image titre: Jorge Penadés, lampe de table N°3. Photo © Jorge Penadés

 

Et aussi :
Andrea Branzi à la Galleria Clio Calvi Rudy Volpi, Via Pontaccio 17
Arflex, Dome, Via San Marco 1. 10 ans de collaboration avec Claesson Koivisto Rune
À 5VIE : Sabine Marcelis et Matteo Cibic, Piazza Gorani et Passeggiata (Airbnb), Corso Magenta 65
Kvadrat à Project B Gallery, Via P. Maroncelli 7 avec Max Lamb et à Corso Monforte 15 avec Wieki Somers et GamFratesi
Nemo, Corso Monforte 19/A
Capitalism is over, Via Cuccagna 2/4
Wonderglass, Istituto dei Ciechi, Via Vivaio 7
Ikea Festival à Ventura Lambrate
Rossana Orlandi: NOV GalerieJorge Penadés. Via Matteo Bandello 14/16
Lee Broom et Marteen Bass à Ventura Centrale, Aporti 9-21
Moooi, Via Savona 56
Nendo au showroom Jil Sander, Via Luca Beltrami 5
Wingsdesign, la nouvelle association fondée par la céramiste vaudoise Patricia Glave. Via Privata Oslavia 1
Palazzo Clerici, Via Clerici 5: Design Academy Eindhoven.
Etc…