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Zoom sur le design suisse

 

Le design suisse occupe aujourd’hui une place de choix sur le plan international. Nos designers, à l’instar d’Alfredo Häberli, Atelier Oï, Jorg Boner ou Big-Game, multiplient les collaborations et sont demandés par des éditeurs du monde entier. Les fabricants helvétiques jouissent d’une aura de qualité inégalée et les créations des diplômés des écoles telles que l’Écal ou la Head sont activement relayées dans les design week internationales et par la presse spécialisée.

Une longue tradition

À l’origine artisanal, le mobilier suisse est entré dans la production en série dès les années 1920. Son inventivité se traduit alors dans des systèmes modulaires aux lignes épurées. Dans les années 1940, Willy Guhl dessine l’une des premières armoires en kit. Hans Bellman entreprend simultanément des recherches similaires à celles du couple Eames sur la production de masse. Et, au travers du concours « Die gute Form », Max Bill caresse l’utopie d’uniformiser la production suisse selon une certaine éthique mathématique, pragmatique et utilitaire.

 

Chaise Kreuzzargen et table Quadratrundtisch de Max Bill, wb form. Photo © Wb form
Chaise Kreuzzargen et table Quadratrundtisch de Max Bill, wb form. Photo © Wb form

 

Loin de l’aspect décoratif des créations italiennes ou françaises voire même scandinaves, le design suisse épure et expérimente, notamment avec des matériaux tels que le béton fibré (Eternit) et l’aluminium (Lehni, etc.). La sobriété intelligente devient rapidement sa marque de fabrique et contribue à son essor. L’innovation des designers est portée par le savoir-faire d’un réseau de fabricants et d’éditeurs. Dans les années 1970 l’ascèse et l’ingéniosité de la bonne forme se poursuit, notamment grâce à USM. Elle provoque par ailleurs des réactions contradictoires avec le design pop et ludique de Trix et Robert Haussmann.

 

USM Privacy panel, lauréat du Design Preis Schweiz 2016
USM Privacy panel, lauréat du Design Preis Schweiz 2016. Photo © USM

La création contemporaine

Aujourd’hui le design Swiss made conserve cette image de qualité et de sobriété de bon goût, mais aussi le dynamisme créatif, parfois irrévérencieux, qui le caractérise depuis le début du XXe siècle. Toujours à la pointe des développements techniques, il se distingue désormais sur le terrain des nouvelles technologies avec des solutions novatrices pour le bureau et la maison (ListaMoxRuckstuhl, etc.) et dans le secteur de la domotique. Les grandes marques suisses, VitraEmbruHorgenglarusEternitDe SedeThutWb formWogg ou Ruckstuhlentre autres, occupent toujours le terrain avec souvent des positions de leader dans leur domaine. Bien que, suite aux crises qui ont secoué le marché, les éditeurs historiques tendent à se rassurer avec un catalogue de patrimoine moderne, ils ne renoncent pas pour autant à innover. Si la promotion du jeune design passe d’abord par les écoles renommées et d’importants concours nationaux – dont le Design Preis Schweiz et le Swiss Design Award – les marques ne leur ont cependant pas abandonné le terrain. Elles soutiennent événements et initiatives et intègrent la nouvelle génération à des projets ponctuels. On pense par exemple aux collaborations avec l’Écal (USM, Punkt, etc.) ou au projet zurichois Take a Seat, soutenu par Horgenglarus, où de jeunes designers ont été invités à revisiter les classiques du fabriquant. Désormais, des maisons d’édition plus récentes revendiquent la « swissness », à l’image de Inch FurnitureMoxArberSeledueTossa ou Xilobis.

 

Et demain ?

Big-Game pour Moustache
Big-Game pour Moustache. Photo © Moustache

Le design évolue entre production locale ou artisanale et délocalisation. Le design suisse s’est ainsi adapté aux impératifs d’une économie mondialisée et répond aux paradigmes sociaux actuels avec des démarches multiples. Il n’en a pas pour autant perdu son identité: d’un côté l’ingénieuse sobriété et de l’autre la touche humoristique et ludique. Peut-être est-ce là le secret d’un succès durable.

Le prochain défi à court terme sera sans doute d’évoluer avec les nouveaux modes de consommation, notamment les mutations induites par le E-commerce, mais certains, à l’image de Vitra, qui était en lice pour le rachat de hem au début de l’année, s’y préparent déjà.

 

Texte: Corine Stübi pour le magazine Espaces contemporains
Légende photo titre: Dreirundtisch et Dreibeinstühle Max Bill, 1949 Photo: Max, Binia + Jakob Bill Stiftung Adligenswil © VG Bild-Kunst, Bonn 2008

 

Portrait d’éditeurs suisses:

La maison zurichoise Wohnbedarf a édité du mobilier dès l’ouverture de son premier magasin en 1931. Elle a largement contribué au développement du design moderne en Suisse, notamment avec des productions signées des plus grands architectes et designers de l’époque : Alvar Aalto, Max Bill, Marcel Breuer et Le Corbusier. Désormais, l’enseigne et le fabricant sont deux entités indépendantes. Wb Form produit et distribue des créations contemporaines ainsi que des rééditions d’icônes du XXe siècle comme le tabouret Ulm et la chaise Kreuzzargen de Max Bill, ou encore la lampe nuage de Susi & Ueli Berger.
La maison zurichoise Wohnbedarf a édité du mobilier dès l’ouverture de son premier magasin en 1931. Elle a largement contribué au développement du design moderne en Suisse, notamment avec des productions signées des plus grands architectes et designers de l’époque : Alvar Aalto, Max Bill, Marcel Breuer et Le Corbusier. Désormais, l’enseigne et le fabricant sont deux entités indépendantes.
Wb Form produit et distribue des créations contemporaines ainsi que des rééditions d’icônes du XXe siècle comme le tabouret Ulm et la chaise Kreuzzargen de Max Bill, ou encore la lampe nuage de Susi & Ueli Berger.
Photo © wb form

 

Fondée en 1904, Embru est aujourd’hui encore synonyme de tradition et de qualité suisse. La marque est notamment un prestataire leader de mobilier scolaire et hospitalier. Dans les années 1930, elle commence une longue collaboration avec des architectes d’avant-garde tels que Werner Max Moser, Alfred Roth et Marcel Breuer. C’est ainsi que sont nés les grands classiques qui appartiennent aujourd’hui aux incontournables de l’histoire du design suisse.
Fondée en 1904, Embru est aujourd’hui encore synonyme de tradition et de qualité suisse. La marque est notamment un prestataire leader de mobilier scolaire et hospitalier.
Dans les années 1930, elle commence une longue collaboration avec des architectes d’avant-garde tels que Werner Max Moser, Alfred Roth et Marcel Breuer. C’est ainsi que sont nés les grands classiques qui appartiennent aujourd’hui aux incontournables de l’histoire du design suisse.
Photo © Roland Bernath, Fotografie Architektur, Zürich

 

Fondée en 1880 à Horgen et active à Glaris depuis 1903, Horgenglarus a exercé une influence majeure dans l’essor du design en Suisse. Ses collaborations avec des designers et des architectes tels que Max Bill, Hans Bellmann ou Werner Max Moser entre autres, ont contribué à modeler la modernité helvétique et son savoir-faire. Horgenglarus privilégie aujourd’hui encore cette tradition de créativité face aux tendances de production de masse et de délocalisation des unités de production.
Fondée en 1880 à Horgen et active à Glaris depuis 1903, Horgenglarus a exercé une influence majeure dans l’essor du design en Suisse. Ses collaborations avec des designers et des architectes tels que Max Bill, Hans Bellmann ou Werner Max Moser entre autres, ont contribué à modeler la modernité helvétique et son savoir-faire.
Horgenglarus privilégie aujourd’hui encore cette tradition de créativité face aux tendances de production de masse et de délocalisation des unités de production.
Photo © Horgen Glarus

 

Seledue produit du mobilier haut de gamme depuis 1993, signé par des designers suisses tels que Stefan Zwicky, Kurt Thut ou son fils Benjamin. Leur conception est fonctionnelle, simple et intemporelle. Les matériaux sont sélectionnés avec soin et le design est bien pensé. Le fabricant, amateur de modernité, réédite également la chaise en aluminium dessinée en 1953 par Hans Coray.
Seledue produit du mobilier haut de gamme depuis 1993, signé par des designers suisses tels que Stefan Zwicky, Kurt Thut ou son fils Benjamin. Leur conception est fonctionnelle, simple et intemporelle. Les matériaux sont sélectionnés avec soin et le design est bien pensé.
Le fabricant, amateur de modernité, réédite également la chaise en aluminium dessinée en 1953 par Hans Coray.
Photo © Seledue

 

Lehni fabrique du mobilier en métal pour la maison et le bureau depuis plus de cinquante ans. L’éditeur conserve ses classiques, comme la fameuse étagère en aluminium d’Andreas Christen, tout en continuant d’enrichir son catalogue de nouveautés. La collection est synonyme de précision et de qualité de fabrication made in Switzerland. L’entreprise réédite également la série de 15 meubles en 15 couleurs qu’elle inspira à l’artiste minimaliste américain Donald Judd dans les années 1980.
Lehni fabrique du mobilier en métal pour la maison et le bureau depuis plus de cinquante ans. L’éditeur conserve ses classiques, comme la fameuse étagère en aluminium d’Andreas Christen, tout en continuant d’enrichir son catalogue de nouveautés. La collection est synonyme de précision et de qualité de fabrication made in Switzerland. L’entreprise réédite également la série de 15 meubles en 15 couleurs qu’elle inspira à l’artiste minimaliste américain Donald Judd dans les années 1980.
Photo © Lehni
Thut valorise sa région et la production locale. L’ébénisterie fondée en 1929 par Walter Thut a radicalement changé quand Kurt Thut en a repris la direction dans les années 1950. Depuis, la marque s’est illustrée dans la fabrication de meubles sobres à l’esthétique moderne et se trouve à la pointe de l’innovation technique et formelle. Les systèmes sont modulables et intègrent des matériaux originaux, tels que le polyester plissé ou le film plastique.
Thut valorise sa région et la production locale. L’ébénisterie fondée en 1929 par Walter Thut a radicalement changé quand Kurt Thut en a repris la direction dans les années 1950. Depuis, la marque s’est illustrée dans la fabrication de meubles sobres à l’esthétique moderne et se trouve à la pointe de l’innovation technique et formelle. Les systèmes sont modulables et intègrent des matériaux originaux, tels que le polyester plissé ou le film plastique.
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Intérieurs Voyage / Lifestyle

Aesop: Architecture et cosmétique

 

Aesop est une entreprise de cosmétique pas comme les autres : Au lieu d’investir massivement dans la publicité pour se forger une image, elle se sert de ses boutiques au design remarquable comme d’un outil marketing.
Depuis sa création en 1987 à Melbourne, la marque australienne s’est installée un peu partout dans le monde et multiplie les collaborations avec des architectes et des décorateurs, dont certains sont aussi incontournables que Dimore StudioIlse CrawfordSnøhetta ou, récemment, les frères Campana. Son affinité avec l’architecture est si forte que l’enseigne s’est désormais dotée de son propre département design.

 

Les intérieurs de Dimore Studio sont souvent flamboyants avec une touche de décadence. La boutique à Corso Magenta, Milan, rappelle le faste des garde-mangers des grandes villas italiennes des années 30. L’esprit qui se dégage des lieux, avec des étagères aux teintes vert pastel, jaune et rose, et des carreaux de céramique brillants, invite à un élégant voyage dans le temps.
Les intérieurs de Dimore Studio sont souvent flamboyants avec une touche de décadence. La boutique à Corso Magenta, Milan, rappelle le faste des garde-mangers des grandes villas italiennes des années 30. L’esprit qui se dégage des lieux, avec des étagères aux teintes vert pastel, jaune et rose, et des carreaux de céramique brillants, invite à un élégant voyage dans le temps.

 

Toutes uniques, les architectures de ces temples de la beauté s’inspirent de l’esprit des lieux, de l’histoire du bâtiment ou du contexte de la ville.
À Zurich, par exemple, l’architecte australien Rodney Eggleston, fondateur de March Studio, impressionné par la beauté des matériaux des chantiers qui ponctuent la ville, a imaginé un rayonnage de style industriel composé d’échafaudages recyclés pour présenter les produits. À Genève, il propose un décor plus décadent. Parée de cuivre, la boutique de la Rue de la Fontaine évoque les institutions internationales et le coffre-fort suisse.

 

C’est un peu le fantasme du bunker alpin que l’architecte australien Rodney Eggleston, fondateur de March Studio, a cherché à exprimer à Genève. Parée de cuivre, la boutique de la Rue de la Fontaine se veut un clin d’œil au commerce international autant que la planque imaginaire et ultra chic d’agents secrets.
C’est un peu le fantasme du bunker alpin que l’architecte australien Rodney Eggleston, fondateur de March Studio, a cherché à exprimer à Genève. Parée de cuivre, la boutique de la Rue de la Fontaine se veut un clin d’œil au commerce international autant que la planque imaginaire et ultra chic d’agents secrets.

 

Dernièrement, les frères Campana ont fait de la brique Cobogó, une brique ajourée répandue en Amérique du Sud, l’élément décoratif central de la nouvelle boutique à São Paulo. Dimore Studio à Corso Magenta, Milan, a réveillé la magie des garde-mangers des fastueuses villas italiennes du début du 20èmesiècle et des bottegas encore présentes dans le quartier historique. Alors qu’au sein du très arty Berlin-Mitte, ce sont les monochromes de Gerhardt Richter, le Bauhaus et la gare d’Alexanderplatz qui ont influencé le projet du bureau allemand Weiss-heiten.

 

Couverte du sol aux murs de carreaux de ciment de tons verts, la boutique de Berlin-Mitte se présente sous une apparence aussi clinique que vibrante. Le Berlin historique mais aussi moderne, sous l’influence du Bauhaus, a servi de point de départ à Weiss-heiten. Le bureau d’architectes berlinois s’est également inspiré des monochromes de Gerhard Richter pour cet espace implanté dans le coeur artistique de la ville.
Couverte du sol aux murs de carreaux de ciment de tons verts, la boutique de Berlin-Mitte se présente sous une apparence aussi clinique que vibrante. Le Berlin historique mais aussi moderne, sous l’influence du Bauhaus, a servi de point de départ à Weiss-heiten. Le bureau d’architectes berlinois s’est également inspiré des monochromes de Gerhard Richter pour cet espace implanté dans le coeur artistique de la ville.  

 

La marque est devenue un véritable cas d’école lorsqu’il s’agit de retail design. Pendant que d’autres tendent à reproduire des magasins identiques dans le monde entier, aucune boutique Aesop ne ressemble à une autre. Leur seul point commun: le produit.
Avec des contenants noirs et des étiquettes au graphisme sobre en noir et blanc empruntant au style épuré de la pharmacie, le packaging s’identifie au premier coup d’oeil. Les écrins peuvent ainsi varier à l’extrême, se fondre dans leur environnement ou briller par leur signature prestigieuse, ils sont la plus-value d’un produit qui reste évidemment le fil conducteur du consommateur.

Si le même produit est vendu partout dans le monde, chaque boutique doit pouvoir s’intégrer localement. Raison pour laquelle, Aesop fait le plus possible appel aux services d’architectes ou de designers du cru et encourage l’utilisation de matériaux locaux. En somme, un modèle glocal de plus en plus tendance aujourd’hui.

Texte: Corine Stübi pour le magazine Espaces contemporains
Photos: © Aesop

 

 

Les designers brésiliens Fernando et Humberto Campana signent la dernière boutique Aesop à São Paulo. La brique Cobogó, une brique ajourée beaucoup utilisée dans la construction en Amérique du Sud pour favoriser la ventilation et l’ombre, est le matériau phare de cette nouvelle adresse. Autre originalité : L’architecture se prolonge à l’extérieur sous la forme d’une petite place publique, appelée à devenir un lieu d’échanges dans le quartier.
Les designers brésiliens Fernando et Humberto Campana signent la dernière boutique Aesop à São Paulo. La brique Cobogó, une brique ajourée beaucoup utilisée dans la construction en Amérique du Sud pour favoriser la ventilation et l’ombre, est le matériau phare de cette nouvelle adresse. Autre originalité : L’architecture se prolonge à l’extérieur sous la forme d’une petite place publique, appelée à devenir un lieu d’échanges dans le quartier.

 

Le quartier de Wynwood à Miami est riche en contraste; la communauté artistique s’y est développée sur ce qui était un fief industriel. L’architecte Frida Escobedo a illustré cette particularité dans une boutique aux allures d’installation d’art. Un îlot central, découpé par de larges vitres recouvertes de film dichroïque, présente les produits dans un décor naturel de plantes et de blocs de granit monumentaux. La lumière ainsi réfractée offre une scène toujours nouvelle selon l’heure de la journée ou l’angle de vue.
Le quartier de Wynwood à Miami est riche en contraste; la communauté artistique s’y est développée sur ce qui était un fief industriel. L’architecte Frida Escobedo a illustré cette particularité dans une boutique aux allures d’installation d’art. Un îlot central, découpé par de larges vitres recouvertes de film dichroïque, présente les produits dans un décor naturel de plantes et de blocs de granit monumentaux. La lumière ainsi réfractée offre une scène toujours nouvelle selon l’heure de la journée ou l’angle de vue.

 

À Oslo, Prinsengate, les travaux ont débuté par un travail archéologique qui a permis de découvrir des matériaux dont certains remontent au 19ème siècle. Les architectes du bureau norvégien Snøhetta ont ensuite réinventé l’espace. Enduit de plâtre et doté d’un plafond voûté, il évoque autant une architecture monastique qu’un paysage enneigé. Les arches se poursuivent dans le bloc lavabo sculptural en béton et en fibre de verre qui trône au milieu de la pièce.
À Oslo, Prinsengate, les travaux ont débuté par un travail archéologique qui a permis de découvrir des matériaux dont certains remontent au 19ème siècle. Les architectes du bureau norvégien Snøhetta ont ensuite réinventé l’espace. Enduit de plâtre et doté d’un plafond voûté, il évoque autant une architecture monastique qu’un paysage enneigé. Les arches se poursuivent dans le bloc lavabo sculptural en béton et en fibre de verre qui trône au milieu de la pièce.

 

Le nom d’Ilse Crawford est sur toutes les lèvres cette année. Après avoir collaboré avec Ikea sur une collection très réussie, elle a été élue créatrice de l’année 2016 par Maison & Objet Paris. Le Studio Ilse a également aménagé plusieurs boutiques Aesop, dont celle de Copenhague.
Le nom d’Ilse Crawford est sur toutes les lèvres l’année passée. Après avoir collaboré avec Ikea sur une collection très réussie, elle a été élue créatrice de l’année 2016 par Maison & Objet Paris. Le Studio Ilse a également aménagé plusieurs boutiques Aesop, dont celle de Copenhague.

 

Le style moderniste de la nouvelle boutique Aesop à Lausanne s’inspire du travail de Gio Ponti pour l'hotel intercontinental de Naples. Le département architecture d'Aesop a misé sur un aménagement précieux rehaussé laiton et de somptueux lustres Venini années 60.
Le style moderniste de la nouvelle boutique Aesop à Lausanne s’inspire du travail de Gio Ponti pour l’hotel intercontinental de Naples. Le département architecture d’Aesop a misé sur un aménagement précieux de bois et de laiton baigné de la lumière de somptueux lustres Venini années 60.

 

En noir et blanc, rehaussée d’accents de cuivre, la boutique de Kyoto créée par le bureau de Shinichiro Ogata, Simplicity, est empreinte de la culture japonaise du 14ème siècle à aujourd’hui. Des voiles en mailles noircies dans lesquelles sont cousues des bouteilles Aesop organisent l’espace dans sa verticalité comme autant de pages calligraphiées.
En noir et blanc, rehaussée d’accents de cuivre, la boutique de Kyoto créée par le bureau de Shinichiro Ogata, Simplicity, est empreinte de la culture japonaise du 14ème siècle à aujourd’hui. Des voiles en mailles noircies dans lesquelles sont cousues des bouteilles Aesop organisent l’espace dans sa verticalité comme autant de pages calligraphiées.

 

ION à Singapour est le quatrième projet réalisé par le bureau norvégien Snøhetta pour Aesop. Inaugurée en mai 2016, la luxueuse boutique en sous-sol rappelle le passé de plantation de muscade de Orchard Road. Si le laiton ou la teinte rosée des murs effleure l’histoire des lieux, le plafond se fait plus narratif et illustre les racines d’un verger au moyen d’une composition en bois.
ION à Singapour est le quatrième projet réalisé par le bureau norvégien Snøhetta pour Aesop. Inaugurée en mai 2016, la luxueuse boutique en sous-sol rappelle le passé de plantation de muscade de Orchard Road. Si le laiton ou la teinte rosée des murs effleure l’histoire des lieux, le plafond se fait plus narratif et illustre les racines d’un verger au moyen d’une composition en bois.

 

Rodney Eggleston a imaginé un environnement industriel pour la première boutique Aesop à Zurich (Oberdorfstrasse). L’espace étroit s’articule autour d’une étagère suspendue fabriquée à l’aide de matériaux recyclés des travaux publics, dont les planches jaunes d’échafaudages récupérées dans la ville.
Rodney Eggleston a imaginé un environnement industriel pour la première boutique Aesop à Zurich (Oberdorfstrasse). L’espace étroit s’articule autour d’une étagère suspendue fabriquée à l’aide de matériaux recyclés des travaux publics, dont les planches jaunes d’échafaudages récupérées dans la ville.
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Artgenève 2017

 

La 6ème édition d’Artgenève s’est tenue du 26 au 29 janvier à Palexpo. Artgenève se démarque des autres foires internationales d’art par sa dimension plus intimiste. En effet, il est agréable de parcourir les allées à la découverte d’œuvres et à la rencontre des galeristes, sans jamais arriver à l’overdose que l’on peut ressentir dans des foires mastodontes telles que Art Basel.

 

La galerie Xippas de Genève avec au premier plan "Feu d'artifice" en verre soufflé de Denis Savary et une oeuvre sur ciment d'Émilie Ding en arrière-plan.
La galerie Xippas de Genève avec au premier plan “Feu d’artifice” en verre soufflé de Denis Savary et une oeuvre sur ciment d’Émilie Ding en arrière-plan.

 

Autres spécificités des lieux : Parmi les 112 exposants, se côtoient des galeries commerciales – de la jeune galerie à l’empire multinational -, des institutions, des espaces d’art et des écoles. La vocation commerciale du salon n’oublie donc jamais la valeur culturelle de l’art. De plus, le collectionneur a ici accès, selon son budget, à des œuvres très cotées mais aussi à des travaux, plus accessibles, de jeunes artistes prometteurs.

 

Vue de The Ball Room, l'espace curaté par Samuel Gross.
Vue de The Ball Room, l’espace curaté par Samuel Gross.
Le Mamco propose de dévoiler le processus d'acquisition au public, l'exposition est donc amenée à évoluer au gré des achats effectués au sein même de la foire.
Le Mamco propose de dévoiler le processus d’acquisition au public.

Dans la section institutionnelle, le Mamco signe, sous la direction de Lionel Bovier, la proposition la plus originale avec « In course of acquisition ». Le stand du musée s’est ouvert sur une page blanche amenée à s’enrichir au fur et à mesure des acquisitions effectuées sur les stands voisins des galeries. La démarche rendue possible par l’association des amis du Mamco et de généreux donateurs illustre le processus d’acquisition du musée, actif dans l’expansion de sa collection, autant qu’elle souligne l’importance de la foire d’art comme lieu de synergies et de rencontres à la fois commerciales et culturelles.

Le Mamco participe également aux expositions spéciales avec le prêt de « Habibi », un squelette monumental de Adel Abdessemed qui accueille le visiteur dès son entrée.

« Habibi » le squelette monumental de Adel Abdessemed accueille le visiteur dès son arrivée. Collection du Mamco.
« Habibi » le squelette monumental de Adel Abdessemed. Collection du Mamco.

Le clou des expositions mandatées par le salon est sans conteste l’installation lumineuse « Vertical Works » (2011) de Anthony McCall. La lumière rendue visuellement solide par de la fumée dessine des espaces fictifs et abstraits que le spectateur est invité à traverser et à expérimenter.

Artgenève offre aussi la part belle aux prix. Le Prix de la Mobilière pour les jeunes artistes suisses y expose les nominés de l’édition 2017 ainsi que le lauréat, Bertold Stallmach, et ses films d’animation. On découvre plus loin les œuvres des jeunes artistes primés par le jury international des New Heads – Fondation BNP Paribas Art Awards. Mais le salon décerne aussi sa propre distinction, le Prix Solo artgenève – F.P. Journe. Cette année, son jury composé de Caroline Bourgeois (Collection François Pinault), Lionel Bovier (Mamco, Genève) et Johanna Burton (New Museum, New York) a récompensé l’artiste Walter Robinson, représenté par la Galerie Sébastien Bertrand (Genève).

 

Coup de coeur pour "Just like starting over again" (2017) du duo d'artistes installés à Berlin Yarisal & Kublitz, vu sur le stand de la galerie Sébastien Bertrand (Genève).
Coup de coeur pour “Just like starting over again” (2017) du duo d’artistes installés à Berlin Yarisal & Kublitz, vu sur le stand de la galerie Sébastien Bertrand (Genève).

 

Introduit en grande pompe en 2015, le design se fait plus discret deux ans plus tard. L’espace consacré au design a été confié à l’artiste français Mathieu Mercier qui n’avait que deux galeries où piocher des pièces. Les animaux empaillées, fil rouge surréaliste de cette sélection, ont par contre l’avantage de rendre la scénographie tout à fait photogénique.

 

Le commissariat de l'exposition de design, «Mobilier domestiques et animaux sauvages», a été confié à l'artiste Mathieu Mercier. L'animal empaillé sert ici de fil rouge.
«Mobilier domestiques et animaux sauvages»

 

Fondé il y a un peu plus d'un an, la jeune galerie Roehrs & Botsch basée à Zürich en est déjà à sa deuxième participation à Artgenève. Rare galerie de design sur la foire, elle présente entre autres des pièces de Jing He et de OS ∆ OOS
Fondé il y a un peu plus d’un an, la jeune galerie Roehrs & Botsch basée à Zürich en est déjà à sa deuxième participation à Artgenève. Rare galerie de design sur la foire, elle présente entre autres des pièces de Jing He et de OS ∆ OOS

 

Enfin, le programme se poursuit hors les murs, notamment avec artgenève/sculptures visible jusqu’au 31 mars. Proposées par les galeries exposantes du salon, dix sculptures de Séverine Hubard, Jeppe Hein ou Marc Quinn pour ne citer qu’eux, ont été installées sur les quais de la rive droite du Léman.

www.artgeneve.ch, Palexpo, Genève.

Texte: Corine Stübi pour le magazine Espaces contemporains
Photos: © Corine Stübi

 

Hit
L’espace d’art indépendant genevois HIT explore les liens entre l’oeuvre de sa fondatrice Anne Minazio et celle des artistes avec qui elle collabore, dont Chloé Delarue (à gauche) et la créatrice de mode Cécile Krähenbühl.

 

La plus internationale des artistes vaudoises Claudia Comte sur le stand de König Galerie / Vieri de BerlinClaudia Comte sur le stand de König Galerie / Vieri de Berlin

 

Solo show de Vidya Gastaldon pour Art Bärtschi
Solo show de Vidya Gastaldon pour Art Bärtschi

 

Clown de Gilles Barbier sur le stand de la galerie George-Philippe et Nathalie Vallois, Paris
Clown de Gilles Barbier sur le stand de la galerie George-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

 

Galerie Nathalie Obadia.
Galerie Nathalie Obadia.

 

Les Montecatini Chair #01 de Martino Gamper sont toutes uniques et produites à partir de chaises récupérées des thermes de Montecatini (Galerie Franco Noero, Turin).
Les Montecatini Chair #01 de Martino Gamper sont toutes uniques et produites à partir de chaises récupérées des thermes de Montecatini (Galerie Franco Noero, Turin).

 

The Ball Room, l'exposition de Samuel Gross, réunit plusieurs oeuvres des galeries présentes sur la foire, réunies sous la thématique du ballet.
The Ball Room, l’exposition de Samuel Gross, réunit plusieurs oeuvres des galeries présentes sur la foire, réunies sous la thématique du ballet.

 

Taste Contemporary de Genève présente des oeuvres d'arts appliqués, de la céramique au textile en passant par le travail du métal et du bois.
Taste Contemporary de Genève présente des oeuvres d’arts appliqués, de la céramique au textile en passant par le travail du métal et du bois.

 

Sabrina Röthlisberger est l'une des lauréates du prix New Heads Fondation BNP Paribas avec Gaia Vincensini et Galaxia Wang
Sabrina Röthlisberger est l’une des lauréates du prix New Heads Fondation BNP Paribas avec Gaia Vincensini et Galaxia Wang

 

Stand de la galerie lausannoise Heinzer Reszler avec au premier plan l'installation "Jean & Claude" de Sophie Bouvier Ausländer et "Airborne advertissement" de Romain Löser en arrière-plan.
Stand de la galerie lausannoise Heinzer Reszler avec au premier plan l’installation “Jean & Claude” de Sophie Bouvier Ausländer et “Airborne advertissement” de Romain Löser en arrière-plan.

 

Solo show de Sylvie Fleury pour la galerie Andrea Caratsch.
Solo show de Sylvie Fleury pour la galerie Andrea Caratsch.

 

Bertold Stallmach, lauréat du Prix de la Mobilière 2017.
Bertold Stallmach, lauréat du Prix de la Mobilière 2017.

 

Fond Cantonal d'Art Contemporain
Fond Cantonal d’Art Contemporain
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Design

Design Miami Basel 2016

 

L’intérêt des collectionneurs pour le design du XXe et contemporain est toujours aussi grand comme en témoigne le nombre de points rouges qui ornaient déjà les stands de Design Miami Basel lors du preview.

Mais cette année, la prudence semble être de mise, en effet nombreuses sont les galeries qui sont revenues avec parfois exactement les mêmes objets. Ici une table « Kangourou » de Mathieu Matégot, là un ensemble d’assises Pierre Jeanneret, plus loin un bureau Hans J. Wegner qui pourrait bien en être à sa troisième édition, ainsi que des chaises « Zig Zag » de Gerrit T. Rietveld. Il paraît que la pratique est déconseillée chez le grand frère, Art Basel, et pour le coup on comprend pourquoi.

Attention, la foire est belle, aucun doute là-dessus, mais ces copié-collés des années précédentes sont un signe quelque peu inquiétant de la santé du marché. En période de crise et d’instabilité il vaudrait mieux que cela reste discret.

Pour autant, la majorité des galeries ont joué le jeu.
Ainsi la galerie Nilufar fait suite à son exposition du printemps et se concentre sur les productions des plus grands designers brésiliens, Joaquim Tenreiro, Martin Eisler, Sergio Rodrigues ou encore Jorge Zalszupin. Le contenu du stand provient d’ailleurs en grande partie de l’exposition.

 

Nilufar, Photo © Corine Stübi
Nilufar, Photo © Corine Stübi

 

Alors que les acteurs du buzz, Pascal Cuisinier et Jousse entreprise restent ici plus parcimonieux, l’américain Demisch Danant surfe sur la vague Pierre Paulin qui s’est emparée de Paris cette année et présente une exposition personnelle du designer français. Point de « Mushroom » ici, mais de l’exclusif, à l’image de la table cathédrale de 1981.

 

Pierre Paulin chez Demisch Danant. Photo © Corine Stübi
Pierre Paulin chez Demisch Danant. Photo © Corine Stübi

 

Pascal Cuisinier signe par ailleurs une des plus belles scénographies de la foire. Son stand marie la tendance tropicale du moment avec le design français entre 1955 et 1960.

 

Galerie Pascal Cuisinier. Photo © Corine Stübi
Galerie Pascal Cuisinier. Photo © Corine Stübi

 

Du côté des galeries de design contemporain, où le renouvellement peine aussi, et c’est plus étonnant, à se faire sentir, La galerie bruxelloise Victor Hunt tire son épingle du jeu et présente le travail artisanal du coréen Kwangho Lee, dont le studio fête ses 10 ans. Ce sont ici des séries de pièces uniques en métaux précieux émaillés ou laqués. Une belle découverte!

 

Victor Hunt. Photo © James Harris
Victor Hunt. Photo © James Harris

 

On adore aussi la sélection postmoderne de Erastudio Apartment, qui dévoile le canapé et le fauteuil « Flying Carpet » d’Ettore Sottsass. Un modèle qui anticipait de presque 10 ans le mouvement Memphis, c’est donc sans surprise que l’on apprend son échec commercial lors de sa sortie en 1974. Finalement une bonne nouvelle pour les collectionneurs car le modèle est par conséquent très rare.

 

Flying Carpet, Ettore Sottsass. Erastudio Apartment gallery. Photo © Erastudio Appartment gallery
Flying Carpet, Ettore Sottsass. Erastudio Apartment gallery. Photo © Erastudio Appartment gallery

 

Alors que l’on peut déplorer l’absence des galeries libanaises qui avaient fait sensation l’année passée ou de piliers de la foire tels que Priveekollektie ou Seomi, tous actifs dans le contemporain, des nouveaux venus se sont fait remarquer, ma foi pour le design du siècle passé.

Alain Marcelpoil est loin d’être un débutant sur le marché, véritable expert d’André Sornay, il défend et valorise l’œuvre du décorateur lyonnais depuis plus de vingt ans. Pour ses débuts à Bâle, la promesse est tenue, le stand regorge de magnifiques pièces Art Déco au cloutage si caractéristique, il n’en oublie pas pour autant le mobilier à tigettes des années 50, peut-être plus connu du grand public aujourd’hui grâce à la mode du vintage.

 

Sornay chez Marcelpoil. Photo © Corine Stübi
Sornay chez Marcelpoil. Photo © Corine Stübi

 

Fraichement débarquée, la galerie Gate 5 de Monaco, fondée il y a à peine un an, se mesure déjà aux plus grands avec des productions rarissimes de Gio Ponti, dont certaines dénichées aux Etats-Unis.

 

Gate 5. Photo © Corine Stübi
Gate 5. Photo © Corine Stübi

 

Dans le cadre de Design Curio, la plateforme expérimentale de Design Miami, le studio Formafantasma propose la luxueuse collection « Delta » en édition limitée pour Giustini / Stagetti Galleria O. Roma. La série de luminaire produite en collaboration avec la fonderie artistique Battaglia s’inspire d’artefacts historiques, ici de la Rome antique, une démarche courante de Formafantasma.

À noter également une présence accrue de la joaillerie et de l’horlogerie, où les collaborations avec designers et artistes se multiplient, à l’instar de la collection de bijoux d’Ai Weiwei pour Elisabetta Cipriani. Une grande première pour l’artiste chinois.

Au rez-de-chaussée, le design devient architectural pour Design at large. Le commissariat de l’exposition a été confié cette année à Martina Mondadori, fondatrice et rédactrice en chef du magazine Cabana. La curatrice explique son concept comme une percée de la nature et du paysage dans l’architecture de la halle de Herzog & De Meuron. Une ambiance estivale pénètre l’exposition avec des structures légères de type pavillonnaire comme le « Armadillo Tea Pavillon » de Ron Arad pour Revolution Precrafted ou la « Veranda » de Dimorestudio offrant un décor luxuriant et décadent digne des années 20. Tente post-apocalyptique et mobilier survivor de luxe pour Kiki van Eijk ou encore école mobile de Jean Prouvé complètent le portrait nomade et outdoor très tendance de Design at large.

 

Dimorestudio, Veranda, Design at Large. Photo © Corine Stübi
Dimorestudio, Veranda, Design at Large. Photo © Corine Stübi

 

Bien que plutôt conservatrice, cette édition réserve néanmoins de belles découvertes et la rencontre avec des classiques de ce calibre reste toujours aussi excitante. On ne boude donc pas notre plaisir!

Design Miami Basel, Halle 1, du 14 au 19 juin. 

Texte: Corine Stübi pour le magazine Espaces contemporains
Photo © Corine Stübi
Légende photo titre: Galerie Dansk Møbelkunst. Photo © Corine Stübi

 

Laffanour. Photo © Corine Stübi
Laffanour. Photo © Corine Stübi

 

Galerie Jacques Lacoste. Photo © Corine Stübi
Galerie Jacques Lacoste. Photo © Corine Stübi

 

Dansk Møbelkunst. Photo © Corine Stübi
Dansk Møbelkunst. Photo © Corine Stübi

 

Applique à deux bras droits de Serge Mouille. Photo © Corine Stübi
Applique à deux bras droits de Serge Mouille. Photo © Corine Stübi

 

Suspension Satellite et étagères Dedal de Mathieu Matégot
Suspension Satellite et étagères Dedal de Mathieu Matégot. Photo © Corine Stübi
Catégories
Art

Art Unlimited 2016

 
La section grand format de la première foire internationale d’art, Art Basel, fait exploser tous les scores en 2016. Non seulement Art Unlimited est plus fournie que les années précédentes, mais la qualité des 88 oeuvres sélectionnées par Gianni Jetzer, curateur de l’exposition depuis 2012, est simplement exceptionnelle. Art Unlimited couvre 60 ans d’art, des collages de Martha Rosler à la dernière vidéo de Douglas Gordon, qui était présentée en première mondiale.

 

Alison Knowles, Make a salad, 1962. Photo © Corine Stübi
Alison Knowles, Make a salad, 1962. 

On débute la visite avec la performance « Mimed Sculptures » (2016) de Davide Balula, où des acteurs vêtus de blanc et de gants roses palpent des sculptures invisibles, dont certaines d’artistes aussi célèbres que Henry Moore ou Louise Bourgeois.

Plus participative, Alison Knowles rejoue une performance Fluxus de 1962 et partage un grand bol de salade avec les spectateurs tous les après-midis.

 

Cette année, de nombreux artistes proposent des environnements immersifs. Hans Op de Beeck, spécialiste du genre (on se souvient encore de son paysage hivernal et fantomatique lors d’une précédente édition), invite à la déambulation dans « The Collector’s House » (2016).

Hans Op de Beeck, The Collector's House, 2016.
Hans Op de Beeck, The Collector’s House, 2016.

L’illusion entre art et quotidien est troublante dans ce décor de plâtre. En effet, aux côtés des masques africains disposés dans des vitrines d’exposition et des tableaux aux cadres imposants, se trouvent des sculptures de jeunes femmes allongées, en jeans, dans des postures néo-classiques, des enfants figés dans le jeu, ainsi que des déchets de fast-food, tous enduits de gris. La fiction prend vie avec le va-et-vient des visiteurs, tour à tour archétypes du spectateur de musée, badauds et acteurs. L’environnement mi-intime mi-public s’approprie aisément et le spectacle devient d’autant plus fascinant que le visiteur s’installe volontiers autour de la fontaine centrale pour relever ses emails sur son smartphone ou se reposer du marathon artistique.

 

Hans Op de Beeck, The Collector's House, 2016. Photo © Corine Stübi
Hans Op de Beeck, The Collector’s House, 2016. 

Parfaitement d’actualité, l’installation interactive « Zoom Pavillon » (2015) de Rafael Lozano-Hemmer et Krzysztof Wodiczko traque les moindres mouvements des visiteurs à l’aide d’une douzaine de caméras de contrôle. Big Brother vous observe, mais pas seulement. Le système calcule la position des différentes personnes dans l’espace et en déduit des relations sociales entre elles, une distance particulière peut lui sembler suspecte, il interprète des liens, des communications potentiellement dangereuses. La trace de la présence et de l’interaction est enregistrée et archivée en toute transparence.

Elmgreen & Dragset a fait sensation l’année passée à Pékin avec la reproduction cauchemardesque d’une foire d’art en carton pâte, dans « Secondary » (2015) c’est au second marché que le duo scandinave s’attaque. Un secteur qui compte parmi les plus lucratifs et est dominé par les salles des ventes. L’installation présente des rangées de chaises faisant face de chaque côté à des podiums de commissaires priseurs dont le duel d’enchères compose la bande sonore. L’allégorie est parlante, et rappelle instantanément la guerre aux millions que se livrent Christies et Sotheby’s pour ne citer que les plus connus.

Le jeune artiste Hong Kongais Samson Young se sert de tout l’espace de la halle d’Unlimited pour son installation / performance à épisode. Il est donc facile d’en manquer un bout. Tout d’abord des piaillements d’oiseaux un peu partout, puis, un espace de type carcéral ouvert sur un grillage et auquel on accède par un ascenseur. Le ton est donné, il est question de migration et de répression. Enfin, plus loin, en levant les yeux un peu par hasard, on découvre l’artiste lui-même (en tout cas pendant les previews) impassible en uniforme militaire et en poste devant un canon à son LRAD, une arme puissante capable de repousser les oiseaux mais qui peut aussi être déployé par les forces de l’ordre pour neutraliser grévistes et contestataires. Le titre « Canon » fait également référence au dispositif musical.

 

Canon, Samson Young.
Canon, Samson Young.
Alicja Kwade, Out of Ousia.
Alicja Kwade, Out of Ousia.

La sculpture monumentale « Out of Ousia » d’Alicja Kwade questionne, quant à elle, la notion de réalité observable. Avec un minimum d’outils, branches, pierres, miroir, vitre transparente et son système de comparaison binaire habituel, l’artiste instaure une profonde confusion. La perception visuelle est habillement trompée au point de compliquer la distinction entre l’original et la copie.

La force d’Unlimited est aussi de confronter la récente production de jeunes artistes, tels que Samson Young, Pamela Rosenkranz ou encore Kahlil Joseph, à des œuvres historiques. Parmi elles, la série « Titled (Art as Idea as Idea) » de Joseph Kosuth (1968) avec ses définitions du mot « Nothing » recopiées de 10 dictionnaires différents, ou « house Beautiful : Bringing the war home » (1967-1972) de Martha Rosler, les célèbres photomontages d’intérieurs design incrustés de scènes de la guerre du Vietnam.

 

Kahlil Joseph, m.A.A.d, 2014.
Kahlil Joseph, m.A.A.d, 2014.

À ne pas manquer non plus la série « Reconstructed History » (1989) de Mike Kelley et « Tomato Head (Green) » (1994) de Paul McCarthy qui se sont tous deux vendus lors des previews. En effet, la qualité muséale de l’édition ferait presque oublier l’aspect commercial de la foire, mais les chiffres sont aussi très bons, une nouvelle bienvenue pour un marché de l’art qui évolue dans un contexte politique et économique trouble.

Art Basel, Messe Bâle. 16-19 juin 2016

Texte: Corine Stübi pour Espaces contemporains
Photos: © Corine Stübi
Légende photo titre: Paul McCarthy, Hauser & Wirth, photo © Corine Stübi

Catégories
Design

Milan, nouveautés 2016

 

Comme chaque année, les foires de design sont l’occasion pour les marques de présenter leurs nouveautés. En particulier, le salon du meuble de Milan est une importante plateforme d’avant-premières, les grands éditeurs lui réservent souvent l’exclusivité de leurs plus belles signatures et de leurs toutes dernières productions.

Les tendances se dessinent autant que les acteurs influents se dévoilent. À Milan, en 2016, c’est sans conteste Patricia Urquiola qui occupe le devant de la scène. La designer espagnole et actuelle directrice artistique de Cassina est sur tous les fronts et déploie son talent pour de nombreuses marques de la plus pointue à la plus commerciale.

Les décorateurs DIMORESTUDIO ont également fait fureur et sont amenés à être omniprésents cette année, où ils multiplient les collaborations. On les retrouve d’ailleurs à Design Miami Basel.

Retour sur les nouveautés qui nous ont tapé dans l’œil et meubleront à coup sûr les intérieurs en 2016!

Texte: Corine Stübi pour le magazine Espaces contemporains

Légende photo titre: Pour Spazio Pontaccio, Patricia Urquiola s’est associée au graphiste Federico Pepe pour concevoir la collection capsule « Credenza ». La collection se compose d’une crédence, d’un cabinet et d’un paravent, inspirés de l’art du vitrail, notamment des vitraux de Gerhard Richter pour la cathédrale de Cologne.
Hyperactive, Patricia Urquiola signe également de nouvelles créations pour Cassina, Kartell, CC-Tapis, Kettal et Moroso.
Photo © Fabricio Annibali

Le duo DIMORESTUDIO est connu pour ses intérieurs mêlant design du XXe et créations propres. Des assemblages hétéroclites, mais toujours cohérents, à l'atmosphère aussi luxueuse qu'émotionnelle. Ce même processus est à l’œuvre dans la série de vases dessinés pour Bitossi, où différents émaux sont combinés sur des formes épurées.
Le duo DIMORESTUDIO est connu pour ses intérieurs mêlant design du XXe et créations propres. Des assemblages hétéroclites, mais toujours cohérents, à l’atmosphère aussi luxueuse qu’émotionnelle. Ce même processus est à l’œuvre dans la série de vases dessinés pour Bitossi, où différents émaux sont combinés sur des formes épurées.
Photo © Bitossi

 

Le fauteuil et le canapé deux places Hall de Roberto Menghi a été dessiné en 1958 pour Arflex. L’éditeur italien réédite depuis avril cette jolie assise récompensée par une mention honorable au Compasso d’Oro en 1959, et l’adapte au goût du jour avec une base en bois. Photo © Arflex
Le fauteuil et le canapé deux places Hall de Roberto Menghi a été dessiné en 1958 pour Arflex. L’éditeur italien réédite depuis avril cette jolie assise récompensée par une mention honorable au Compasso d’Oro en 1959, et l’adapte au goût du jour avec une base en bois.
Photo © Arflex
Les classiques du design se mettent à la page avec de nouveaux revêtements. C’est notamment le cas du fameux fauteuil Utrecht dessiné en 1935 par Gerrit T. Rietveld et édité par Cassina depuis 1988, qui se drape du Jacquard « Boxblocks » de Bertjan Pot. L’édition spéciale est disponible en 3 couleurs chacune limitée à 90 exemplaires.
Les classiques du design se mettent à la page avec de nouveaux revêtements. C’est notamment le cas du fameux fauteuil Utrecht dessiné en 1935 par Gerrit T. Rietveld et édité par Cassina depuis 1988, qui se drape du Jacquard « Boxblocks » de Bertjan Pot. L’édition spéciale est disponible en 3 couleurs chacune limitée à 90 exemplaires.
Photo © Cassina

 

L’éditeur Hem, dont la particularité est le mode de distribution exclusivement online, bénéficie de belles signatures, à l’instar de Max Lamb avec le tabouret « Last Stool Splatter ».
L’éditeur Hem, dont la particularité est le mode de distribution exclusivement online, bénéficie de belles signatures, à l’instar de Max Lamb avec le tabouret « Last Stool Splatter ».
Photo © Hem

 

Parmi les découvertes, on peut citer la collection PLAYplay de Lanzavecchia + Wai pour Journey East qui a fait ses débuts à Milan avec une série de tables et de rangements joyeux et ludiques imprégnés des couleurs et de la culture de l’Asie du Sud Est. Il y a fort à parier que PLAYplay intégrera rapidement les intérieurs des citadins branchés.
Parmi les découvertes, on peut citer la collection PLAYplay de Lanzavecchia + Wai pour Journey East qui a fait ses débuts à Milan avec une série de tables et de rangements joyeux et ludiques imprégnés des couleurs et de la culture de l’Asie du Sud Est. Il y a fort à parier que PLAYplay intégrera rapidement les intérieurs des citadins branchés.
Photo © Davide Farabegoli

 

Inauguré à la design week de Milan (5VIE), Herringbones de Raw Edges expérimente des techniques de coloration propres au textile dans une série d’assise, de tables et de paravents en bois massif. Le bois brut est ainsi délicatement teinté de motifs géométriques multicolores, très tendance cette année.
Inauguré à la design week de Milan (5VIE), Herringbones de Raw Edges expérimente des techniques de coloration propres au textile dans une série d’assise, de tables et de paravents en bois massif. Le bois brut est ainsi délicatement teinté de motifs géométriques multicolores, très tendance cette année.
Photo © Raw Edges

 

Matteo Zorzenoni, collaborateur de Jaime Hayon, s’est vu offert une belle promotion à Ventura Lambrate, où une exposition personnelle de ses dernières créations, principalement pour MM Lampadari, lui était consacrée. Il faut dire que le designer italien multiplie les collaborations prestigieuses, dont Cappellini. Parmi ses nouveautés, on a particulièrement remarqué les suspensions Fans et la série Balloon.
Matteo Zorzenoni, collaborateur de Jaime Hayon, s’est vu offert une belle promotion à Ventura Lambrate, où une exposition personnelle de ses dernières créations, principalement pour MM Lampadari, lui était consacrée. Il faut dire que le designer italien multiplie les collaborations prestigieuses, dont Cappellini. Parmi ses nouveautés, on a particulièrement remarqué les suspensions Fans et la série Balloon.
Photo © MM Lampadari

 

Swarovski a introduit à Milan sa nouvelle ligne d’accessoires pour la maison, Atelier Swarovski Home. La collection, du vase au jeu d’échec en passant par le bougeoir, rassemble de grands noms parmi lesquels Aldo Bakker (« Crystal vase » illustré) Daniel Libeskind, Ron Arad, Raw Edges ou encore Zaha Hadid qui signait ici un de ses derniers projets.
Swarovski a introduit à Milan sa nouvelle ligne d’accessoires pour la maison, Atelier Swarovski Home. La collection, du vase au jeu d’échec en passant par le bougeoir, rassemble de grands noms parmi lesquels Aldo Bakker (« Crystal vase » illustré) Daniel Libeskind, Ron Arad, Raw Edges ou encore Zaha Hadid qui signait ici un de ses derniers projets.
Photo © Swarovski
La table Ishi de Nendo pour De Padova se compose de 11 éléments en cèdre libanais, dont seulement 6 supportent le plateau en verre. Empreinte de poésie, Ishi signifie en japonais le chemin à parcourir pour atteindre un but. Nendo s’est illustré dans l’édition 2016 de la Milan design week avec son installation « 50 manga chairs ».
La table Ishi de Nendo pour De Padova se compose de 11 éléments en cèdre libanais, dont seulement 6 supportent le plateau en verre. Empreinte de poésie, Ishi signifie en japonais le chemin à parcourir pour atteindre un but.
Nendo s’est illustré dans l’édition 2016 de la Milan design week avec son installation « 50 manga chairs ».
Photo © De Padova

 

Premier projet des frères Campana pour BD Barcelona, l’enfilade Aquário présente un look résolument retro futuriste. Inspiré par l’aquarium, les designers ont imaginé un rangement en bois avec des ouvertures sous forme de bulles de verre coloré.
Premier projet des frères Campana pour BD Barcelona, l’enfilade Aquário présente un look résolument retro futuriste. Inspiré par l’aquarium, les designers ont imaginé un rangement en bois avec des ouvertures sous forme de bulles de verre coloré.
Photo © BD Barcelona